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les Récits : OCC 2016 : Quelle chaleur !
Posté le Dimanche 28 août 2016 @ 16:39:35 par webmaster

DingDong écrit "

Je mentirais si je disais que participer à l’une des courses de l’UTMB est quelque chose qui m’a toujours tenté. J’ai toujours été admiratif des coureurs qui se lançaient ce genre de défis, mais je me suis longtemps considéré comme incapable d’affronter de telles distances et, surtout, de tels dénivelés. Jusqu’à ce que l’OCC vienne s’ajouter en 2014 à la liste des courses proposées : même si, avec 55 km et 3500 m de dénivelé, c’était loin d’être une partie de plaisir, cela ne semblait pas non plus insurmontable. Ma saison 2016 étant axée sur le trail, j’ai donc tenté ma chance au tirage au sort, qui m’a été favorable. Il ne me restait alors plus qu’à m’entraîner en conséquence…

Mercredi 24 août. J’arrive en début de soirée à Orsières, en Suisse, où aura lieu le départ demain matin. Après un Eiger Trail mi-juillet qui s’est déroulé idéalement, puis un abandon à la mi-course deux semaines plus tard sur le K78 à Davos, je ne sais pas trop à quoi m’attendre.

Seul coureur à descendre du train, je suis étonné par l’absence de panneaux indiquant la direction à suivre pour aller chercher son dossard. Moi qui m’imaginais l’UTMB comme une grosse machine parfaitement rodée… Je dois donc demander mon chemin à la terrasse d’un bar. Une fois à la Salle Edelweiss, où a lieu la remise des dossards, je suis là aussi surpris de voir qu’il n’y a que deux autres coureuses. Et dire que j’avais peur de devoir faire la queue pendant des heures ! Je devine que la plupart des coureurs ont opté pour un hébergement à Chamonix et viendront demain avec les bus de l’organisation.

Un peu plus tard, tandis que je dîne au restaurant de l’hôtel, je reconnais à quelques mètres de moi Xavier Thévenard, vainqueur notamment de l’UTMB l’année dernière. Je suis étonné qu’il s’aligne sur l’OCC, mais bon… Pour la petite histoire, il remportera également l’OCC demain.

Jeudi 25 août. Après avoir déposé un sac qui sera transporté jusqu’à Chamonix, j‘arrive dans la zone de départ vers 7h30. Le départ n’est qu’à 8h15, mais nous devons être présents à 7h45 pour le briefing. Briefing qui, à ma grande surprise, n’en est pas vraiment un : il s’agit surtout de discours politico-publicitaires de personnalités locales. C’était bien la peine de venir plus tôt pour ça… Peu avant le départ, nous avons le droit aux meilleures chansons du groupe Indochine. Ce n’est pas que je n’aime pas Indochine, mais j’avoue que “Conquest of paradise” aurait quand même eu un peu plus d’allure !

8h15. C’est parti ! Après quelques bouchons en début de parcours, le peloton monte tranquillement une côte d’abord modérée, puis plus pentue. Durant les 2 premiers kilomètres, des dizaines d’enfants bordent les deux côtés du parcours et brandissent des panneaux ou tendent la main en direction des coureurs. J’en profite pour taper dans leurs mains à tout-va, d’autant plus que cela m’évite de partir trop vite et ainsi de me griller d’entrée de jeu.

Nous alternons montées et descentes modérées pendant une quinzaine de kilomètres. Pour l’instant, il ne fait pas trop chaud, c’est parfait. Nous passons le premier ravitaillement à Champex, après 10 kilomètres, où je m’accorde une petite pause pour photographier le magnifique lac local. Il y a beaucoup de monde pour nous encourager sur le bord de la route. Sur le balcon de l’une des maisons (suisses), quelqu’un a bricolé un drapeau bleu-blanc-rouge avec trois t-shirts placés côte à côte, ce qui me fait sourire. Sympa !

Le parcours ne tarde pas à se corser, avec une première montée interminable, suivie d’une descente tout aussi longue mais parfaitement courable qui nous amène jusqu’au second ravitaillement, à Trient (toujours en Suisse), après 26 km. Malgré une petite chute quelques centaines de mètres avant le poste de ravitaillement, j’arrive parfaitement frais à celui-ci. Le temps de remplir ma poche à eau de 2 litres, de boire un peu de cola, et c’est reparti. Peu après le poste de ravitaillement, quasiment à mi-parcours, ma montre indique très exactement 4 heures de course. Je me prends quelques instants à rêver d’un chrono final de 8 heures, avant de me rappeler que la seconde partie du parcours est plus ardue que la première...

La deuxième grosse montée ne tarde pas à arriver. Depuis le début de la course, nous alternons passages en forêt et sentiers alpins en plein soleil. Contrairement à la grande majorité des coureurs, je n’ai volontairement pas pris de bâtons, étant donné que ceux-ci seront interdits à La Réunion en octobre. Malgré tout, j’arrive à tenir tête en montée à un grand nombre de coureurs avec bâtons. Certaines côtes très pentues m’obligent par moments à passer dans le rouge alors même que je ne force pas, mais je parviens à récupérer assez bien lorsque les pentes se font plus modérées.

Je ne suis pas fâché de voir arriver la seconde grosse descente, qui nous conduira jusqu’à Vallorcine, troisième poste de ravitaillement (le premier en France), après 37 km. Bien que cette descente soit un peu plus technique que la précédente, je me fais royalement plaisir et dépasse à toute vitesse un grand nombre de coureurs. Peu avant Vallorcine, de nombreux gamins tranquillement installés dans l’herbe m’encouragent bruyamment, ce qui ne fait que me motiver plus encore.

Une fois au poste de ravitaillement de Vallorcine, un bénévole me tend une éponge, que je m’empresse de me vider sur la tête. Il est 14h20, et les températures grimpent en flèche. J’échange quelques mots avec lui, avant de remplir complètement mon CamelBak. Un cookie, un peu de cola, beaucoup d’eau, et je repars 2 minutes plus tard.

Les kilomètres suivants sont relativement plats, mais en plein soleil. J’aimerais profiter du plat pour courir, mais je n’y parviens pas. Je m’efforce donc de marcher le plus rapidement possible, mais me fais régulièrement dépasser par des coureurs équipés de bâtons. Je crois que j’ai trop forcé lors de la descente avant Vallorcine… La pente se fait bientôt plus raide, ce qui m’avantage : je reprends petit à petit des couleurs et dépasse à nouveau un certain nombre de coureurs. La forte chaleur me contraint toutefois à boire régulièrement, si bien que je me retrouve bientôt à court d’eau.

Quelques kilomètres plus loin, je profite de passer un torrent pour me mouiller le visage. Certains coureurs remplissent leur bouteille avec cette eau naturelle. J’hésite à faire de même, avant d’y renoncer finalement pour des raisons d’hygiène. En outre, le 4e et dernier ravitaillement, à La Flégère (48 km), ne doit plus être très loin. La mémoire de ma montre GPS m’a lâché, si bien que je ne sais pas précisément combien de kilomètres j’ai parcouru. Le hic, comme je le découvrirai plus tard, c’est qu’il me reste encore au moins une heure de course avant d’atteindre ce poste de ravitaillement… À mon coup de mou s’ajoute donc bientôt une déshydratation de plus en plus forte. Je passe rapidement en mode “économie d’énergie”, raccourcissant le pas et me contentant d’avancer à la manière d’un zombie. Je m’accorde plusieurs pauses en m’asseyant un moment sur des pierres. Ce qui me fait tenir est le fait de savoir qu’une fois à La Flégère, je serai quasiment assuré de terminer la course, étant donné que les 7 derniers kilomètres sont exclusivement en descente. Seulement, ce poste se fait terriblement attendre !

J’arrive enfin à La Flégère après un peu plus de 8h40 de course, après avoir dû affronter une dernière côte particulièrement escarpée en plein soleil. Je fais le plein d’eau, bois un peu de cola et m’assieds quelques minutes sur une chaise pour récupérer un peu. Ce qui me rassure est que je suis loin d’être le seul à avoir souffert sur cette section du parcours ! Les autres sont dans le même état que moi. On me propose une soupe, mais je préfère rester sur du froid, même si un peu de sel me ferait sans doute du bien. Revigoré, je repars, avant de m’apercevoir quelques centaines de mètres plus loin que j’ai oublié ma casquette. Retour donc dans la tente, avant de repartir, pour de bon cette fois.

Les 7 derniers kilomètres de descente en forêt sont relativement roulants, à l’exception de quelques passages entre les racines ou dans les cailloux. Je me fais donc plaisir sur cette dernière portion du parcours, tout en veillant à boire régulièrement. Sauf gros pépin, je devrais terminer en moins de 10h. J’ai toutefois bien conscience de ne plus être très lucide, raison pour laquelle je garde un pied sur le frein.

Les sentiers finissent par laisser la place au béton tandis que j’approche de Chamonix. Quasiment tous les passants que je croise m’encouragent et applaudissent. J’arrive bientôt au cœur de la ville et longe l’Arve, la rivière locale, ainsi que le salon de l’ultra-trail, que j’irai visiter demain. De plus en plus de monde, de plus en plus d’ambiance, de nombreux spectateurs sur le bord de la route qui crient ou tendent la main : je me débarrasse de ma casquette sur les dernières centaines de mètres et profite de l’instant, porté par l’ambiance. Je finis par passer la ligne d’arrivée après tout juste 9h40 de course, épuisé mais heureux. Je l’ai fait !

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DingDong
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