Créer un compteCréer gratuitement un compte sur CLM 15 visiteur(s)  - 0 membre(s) 
les Récits : Jungfrau 2016 : On remet ça !
Posté le Samedi 29 octobre 2016 @ 00:28:12 par webmaster

DingDong écrit "

« Le plus beau marathon du monde » : c’est avec ce slogan que les organisateurs du marathon de la Jungfrau promeuvent leur course. Je ne sais pas s’il s’agit véritablement du plus beau marathon du monde, mais ce qui est sûr, c’est que c’est le plus beau de mes 32 marathons courus à ce jour. Au programme, pas de promesse de chrono ni de passage devant de célèbres monuments, mais des panoramas incroyables depuis l’une des plus hautes montagnes d’Europe : la Jungfrau, nichée au coeur de la Suisse.

Après la magnifique expérience qu’a été pour moi ce marathon en 2015, je n’ai pas hésité longtemps avant de rempiler pour 2016, malgré le risque d’être déçu si toutes les conditions pour une course parfaite n’étaient pas remplies comme l’an dernier. Une différence toutefois : alors que ce marathon était l’un des gros objectifs de ma saison 2015, il ne s’agissait en 2016 que d’une étape de ma préparation pour le Trail Bourbon à la Réunion un mois plus tard.

Vendredi 9 septembre. J’arrive tranquillement à Interlaken en milieu d’après-midi. J’ai pris ma journée pour ne pas me stresser et pour profiter au maximum de mon séjour. Je suis accueilli par un soleil radieux et une forte chaleur. Je récupère rapidement mon dossard, puis vais m’installer à l’hôtel. Contrairement à l’année dernière, j’ai souhaité limiter au maximum les frais ce week-end, et ai dégoté une nuit à 32 francs suisses, soit moins de 30 euros. Quiconque connaît le coût de la vie en Suisse comprendra à quel point c’est une performance en soi ! Revers de la médaille : un lit tout sauf confortable dans un dortoir avec 3 inconnus, et pas de petit déjeuner proposé. Mais bon, pour une nuit, on s’en contentera…

Samedi 10 septembre. Je me réveille à 6h00, tout comme mes compagnons de chambre, qui s’avèrent être également des marathoniens : un Suisse, un Finlandais et un Estonien. Nous prenons tranquillement notre petit déjeuner tiré du sac en regardant le soleil se lever depuis la terrasse de l’étage et en discutant en anglais. Etant le seul à avoir déjà participé à ce marathon, je fais l’objet de nombreuses questions concernant la course. Ensuite, nous nous rendons ensemble sur la ligne de départ, avant de nous séparer pour gérer chacun de notre côté l’avant-course.

9h00. C’est parti : je me cale à une vitesse de 12 km/h, que je compte plus ou moins tenir durant les 25 premiers kilomètres relativement plats. Les sensations sont là, je profite donc de l’ambiance alors que nous courons dans Interlaken, avant d’en sortir pour traverser la campagne environnante. Après 10 km très roulants, le parcours se fait un peu plus bosselé, mais aussi de plus en plus joli. Même si cela peut sembler étrange, j’ai hâte d’arriver au 25e kilomètre et d’attaquer la montée. En effet, au cours des derniers mois, j’ai privilégié les sorties vallonnées en endurance aux séances de fractionné, et je me suis rapidement « dieselisé », si bien que j’éprouve des difficultés à tenir la vitesse de 12 km/h sur 25 km alors qu’il s’agissait de ma vitesse objectif sur mes derniers marathons urbains…

25e kilomètre. C’est avec 3 minutes de retard par rapport à l’an dernier que j’arrive à Lauterbrunnen. Cette année encore, de nombreux enfants sont là pour nous encourager à grand renfort de cloches traditionnelles alors que nous piétinons sur deux interminables kilomètres de côte particulièrement raide. Je fais en sorte de ne pas laisser trop d’énergie dans la montée, mais la forte chaleur qui règne aujourd’hui ne me facilite pas la tâche, loin de là. Je prends toutefois mon mal en patience et attends que la côte se fasse plus modérée pour me remettre à courir.

J’arrive bientôt à la station de ski de Wengen, l’un de mes spots préférés du parcours. Ici, pas de panorama époustouflant, mais une ambiance de folie sur le bord de la route. On se croirait sur le Tour de France ! Des dizaines de spectateurs nous encouragent par notre prénom. Encore une côte, puis le profil du parcours se fait légèrement descendant. Etant encore relativement en forme malgré plus de 30 km dans les jambes, j’en profite pour me faire plaisir et accélérer, avant d’attaquer la dernière montée qui, je le sais, sera interminable.

Bien que je ne me sois pas fixé d’objectif chronométrique aujourd’hui, je ne serais pas contre améliorer mon temps de l’année dernière, à savoir 4h49. Aussi, quand, en consultant ma montre, je constate que je suis «en retard» par rapport à l’an dernier, je décide de tenter un coup de poker en me remettant à courir autant que je peux, alors que tous les concurrents marchent sur cette section bien pentue du parcours. A ma grande surprise, j’y parviens finalement assez aisément, et double de nombreux coureurs. Toutefois, je suis contraint de marcher à nouveau sur les derniers kilomètres, particulièrement raides. J’en profite cependant pour admirer le panorama sur les sommets alentours et pour prendre quelques photos.

J’ai soif. Depuis le début de la montée au 25e kilomètre, j’ai bu deux verres d’eau à chaque ravitaillement, mais j’ai constamment la sensation d’être déshydraté. La fatigue, la chaleur et le soleil m’assomment de plus en plus, si bien que ma tête commence à tourner légèrement. J’aurais bien voulu tout donner sur le dernier kilomètre en descente, mais je décide de garder le pied sur le frein, ayant bien conscience de ne plus être très lucide et n’ayant aucune envie de me blesser à une poignée de semaines de mon principal objectif de la saison. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, nous passons devant un magnifique lac de montagne. Je ralentis afin de prendre quelques photos avec mon smartphone, mais mes mains sont bien trop humides pour qu’il accepte de faire quoi que ce soit. Tant pis, je reviendrai plus tard !

Je finis par passer la ligne d’arrivée sous les encouragements de nombreux spectateurs, après 5h04 de course. J’accepte avec plaisir la bière (sans alcool ?), la tablette de chocolat XXL et la médaille que l’on me tend un peu plus loin, avant de rester un peu plus perplexe en recevant un t-shirt finisher… rose fluo !

Compétiteur dans l’âme, je ne peux m’empêcher dans un premier temps d’être un peu déçu d’avoir mis 15 minutes de plus que l’an dernier alors que je m'entraîne bien plus spécifiquement… puis je me souviens que cela ne fait que deux semaines que j’ai passé la ligne d’arrivée de l’OCC, à Chamonix.

En tout cas, ce marathon est une pure merveille, que je conseille à quiconque aime la montagne.

"

Liens Relatifs
DingDong
992
2014/02/06
  38Marathons courus

 CALAccès au Calendrier PROAccès au Profil

Marathon de Jungfrau
  • M_Jungfrau

  • Liste des récits Marathon de Jungfrau


  • Son Forum sur Courir le Monde

    L'Article le plus lu à propos de Marathon de Jungfrau :
  • Jungfrau 2005 : Ma meilleure course à ce jour

    Page Spéciale pour impression  Envoyer cet Article à un ami 



  • "les Récits : Jungfrau 2016 : On remet ça !" | Se connecter / Créer un compte | 0 Commentaire
    Seuil

    Les Commentaires sont la propriété de leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.

     




    Publiez votre article | Contactez-nous
    Administration
    © 2003-2012 n° 35475 | CNIL n° 896096