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les Récits : NYC2016 : En un mot : "AMBIANCE"
Posté le Mardi 15 novembre 2016 @ 00:49:02 par webmaster

Myriam écrit "

Si je devais résumer ce marathon à un seul mot, ce serait "AMBIANCE" car 3 jours avant l'événement jusqu'au lendemain soir de la compétition toute la ville de NYC était dans l'ambiance du marathon, un peu dans le même état d'esprit pour nous que le Tour de France.
Je vais casser le suspense; mon chrono est de 5H28. Voici mon récit.

Lexique :
GJ = Good Job

Tout a commencé il y a 11 mois lorsque j'ai tenté la loterie. Je n'y croyais absolument pas, je n'attendais rien et ne savais même pas ce que signifiait courir un marathon. Début Mars le résultat tombe: j'ai été tirée au sort. Je sais dès lors que j'irai à NYC avant même d'avoir couru mon premier marathon à Paris. Je commence ma prépa début septembre, je me blesse début octobre, j'arrête ma prépa 4 semaines avant le marathon, je pars à NYC blessée et quasiment sans prépa. Mon but est de finir en espérant que mon genou tienne le coup.
J'arrive vendredi soir, je suis crevée. Je viens de rater la cérémonie d'ouverture avec le défilé de toutes les nationalités. Je visionne la redif sur internet puis me couche. Samedi matin je vais chercher mon dossard. Je le récupère en 30 secondes. Je retire mon T-Shirt en 30 secondes également, juste après l'avoir essayé pour être sûre de ma taille. Dans les goodies, on nous remet le programme officiel d'une centaine de pages de la manifestation, un plan du parcours ainsi qu'un guide d'utilisation. Puis je pénètre dans le plus grand salon du running au monde. Je n'ai pas compté le nombre d'exposants mais à la louche je dirai que plus de 200 marques y sont représentées. La première d'entre elles est ASICS avec son stand juste énorme. Une nuée de marathoniens me colle et comme tout le monde, je regarde les innombrables modèles de T-shirt, vestes, bonnets, casquettes, sacs, gants et tout ce dont on peut avoir besoin (ou pas) au nom du marathon de NYC millésime 2016. Je choisi quelques articles puis me dirige vers la caisse. Là, je dois faire une queue de 15 minutes un peu comme à Disneyland. Puisje reste jusque 15H environ tellement c'est grand et intéressant. Je décide de me promener dans Manhattan avec tous mes sacs de course un peu comme Carrie Bradshaw version baskets. Je rentre à l'appart que j'ai loué sur Airbnb exténuée. Sentant une gène au pied droit je vérifie à tout hasard : j'ai une belle cloque qui vient d'apparaître. Moi qui comptais me préserver pour le lendemain : BRAVO ! Je me repose et me réveille à 21H. Zut, j'ai trop dormi. Il me faut dîner puis me coucher tôt, c'est-à-dire à 22H au plus tard. Je descend en vitesse et cherche en vain un Starbucks sauf que presque tout est fermé dans ce quartier. Je n'ai pas envie d'ingurgiter des pâtes (trop lourd) donc je continue 30 minutes pour finalement choisir un lait caramélisé; ça va sûrement me donner des forces. De toutes les façons je n'ai pas faim. Je rentre vers 22H, me couche vers 23H mais en réalité je passerai la nuit à vomir le lait chaud que j'ai bu.

LE JOUR J

Je me réveille à 3H30 le ventre vide et lessivé. Je rempli le dos de mon dossard. On me demande ma langue d'origine, le numéro de la personne à contacter en cas d'urgence et si je prends des médicaments. J'écris que je prends des anti-inflammatoires (on ne sait jamais des fois qu'on me file de l'aspirine!) et j'accroche mon dossard. C'est parti. Je prends un gâteau-sport que j'avais préparé avant de partir dans l'avion et le déguste lentement sur le chemin qui me mène au bus. J'approche de la Bibliothèque Nationale devant laquelle se trouve une rangée d'innombrables bus qui attendent afin de nous emmener à Staten Island. Une queue immense de marathoniens prend toute la place du trottoir. Et c'est là, dès 4H30 du matin, que j'entendrai les premiers "GOOD LUCK" de la part de tous les bénévoles qui contrôlent nos dossards. La queue dure environ 20 minutes. Je fais la connaissance d'un suisse qui m'apprend que ce sera son premier marathon et qu'il a été sélectionné au temps grâce au semi de Paris de 2015. Le voyage en bus dure une cinquantaine de minutes. Je grignote mon gâteau-sport et somnole. Arrivés à Staten Island nous sommes contrôlés comme à l'aéroport. Puis j'aperçois le pont Verrazano en contre-bas et mon coeur se soulève : j'y suis! Tout ce que j'ai pu voir à la télé, en photo, en vidéo, sur internet, c'est là devant moi, c'est le fameux pont du marathon. La pression monte. J'ingurgite ma dernière pilule d'anti-inflammatoires; pourvu que mon genou tienne et que la douleur se déclare le plus tard possible! Des centaines et des centaines de toilettes alignées les unes à côté des autres côtoient de nombreux stands où l'on y distribuent des donuts, des barres de céréales, des barres protéinées, du thé, du café, de l'eau, des boissons énergétiques et un bonnet. Une tente est installée et je trouve une petite place. Je pose sur des feuilles mortes la couverture de l'avion que j'avais gardé et m'endors. Je resterai ainsi plus de 3H. Je me place dans mon SAS 1H avant le départ. Là se trouve encore des toilettes et des bennes à vêtements. J'y jette mon manteau, mon pull et mon jean. Puis nous avançons lentement vers le pont. Je suis dans la vague verte, celle de l'étage inférieur. Le speaker parle vite et je ne comprends pas tout. Plusieurs hélicoptères survolent le pont. L'hymne américain est chanté par une femme à la voix sublime, puis c'est au tour du fameux "NEW YORK NEW YORK" de Franck Sinatra et le coup de feu du départ retenti. C'est parti ! Je foule le sol du fameux pont dont j'ai rêvé depuis plusieurs mois et je jette un oeil à ma montre. Mon GPS a du mal à capter à cause du plafond donc j'y vais au ressenti. Tout le monde me dépasse; je cours en endurance dans le premier SAS. Je me range rapidement sur le côté afin de ne pas gêner et là je ne regrette pas mon choix; mes yeux sont scotchés sur la rive de NYC, un bateau lance une fontaine d'eau aux couleurs du drapeau US, la vue est juste incroyable, un vent frais fouette mon visage, pour le moment je n'ai aucune douleur, je suis heureuse. Des patrouilles de policiers et quelques personnes de l'infirmerie sur le pont nous gratifient (GJ). Rapidement je jette mon bonnet sur le parcours, suivi de mes gants et j'abaisse mes manchons. L'autoroute, puis arrivée sur Brooklyn où nous sommes accueillis par les cris d'un public déchaîné. Des (GJ) de parts et d'autres, des enfants qui réclament qu'on tape dans leur main, des distributions de bananes, quarts d'oranges, mouchoirs. Le public nous encourage et en même temps j'ai l'impression qu'il cherche du spectacle donc je frappe dans les mains des enfants et danse dès que j'entends de la musique. De toutes les manières je ne suis pas partie pour faire du chrono donc autant profiter à fond de l'ambiance. Je sens un échange entre le public et les coureurs, c'est juste fantastique. Je passe devant une chapelle avec un coeur de blacks qui chantent du gospel; merveilleux! Des jeunes dansent du rap sur le trottoir accompagnés de policiers qui les applaudissent. Je vis un rêve, j'aime tout ce que je vois. A chaque ravitaillement les bénévoles nous gratifient de (GJ), ce seront les deux mots que j'aurai le plus entendu tout le long du parcours. C'est à partir du 2ème semi que tout se gâte. Enfin surtout la douleur de mon genou qui se réveille sur le pont Queensboro. Je lutte pour ne plus y penser et je commence à bien ralentir. Arrivée dans Manhattan avec une foule noire de monde, un public en délire, des (GJ) à tout rompre, mais je ne suis déjà plus dans l'ambiance; j'ai trop mal et je souhaite en finir au plus vite. Le faux plat de la 1ère avenue et le mur du 30e km auront raison de moi; je trottine à 6km/h; je suis foutue. Mes jambes sont lourdes et malgré les encouragements du public je commence à marcher sur le pont de Willis. La 5ème avenue puis Central Park sont un supplice pour mes jambes. La foule me lance des (GJ) mais à ce moment là je déconnecte. Je suis hors du marathon. Je pense que ce sera mon dernier, finalement c'est pas si mal de terminer avec NYC, pourquoi s'infliger tant de souffrance? Un français se met à marcher à mes côtés; lui aussi est en difficulté. Il me raconte que c'est son premier marathon et probablement le dernier. Il trouve que c'est trop dur. Il me raconte qu'il s'entraîne une heure une fois par semaine depuis janvier et qu'il n'a jamais fait ni 10km ni semi auparavant. Et puis à un kilomètre de l'arrivée je lui propose de courir un peu, histoire de ne pas terminer en marchant. On relance doucement la machine, il y a des montées et des virages de partout, je n'en vois plus le bout. J'aperçois des photographes, je sens que c'est la fin, je leur fais un ultime sourire et franchi péniblement la ligne d'arrivée.

I DID IT !

Je marche en boitant et on me remet la médaille directement au cou (GJ). Puis je marche encore et on me remet un sac à dos avec de quoi me ravitailler (GJ). Puis il faut encore marcher 1km et on me remet le fameux poncho doublé polaire (GJ). On marche tous à 2 à l'heure, on avance ultra lentement. On devra encore marcher sur 2km avant de pouvoir sortir complètement de Central Park (GJ). Des policiers, des bénévoles et des personnes du public nous disent tous (GJ) et un nouveau mot sort de leur bouche "Congratulations". Entre mon passage sur la ligne d'arrivée et ma sortie de Central Park il se sera écoulé une bonne heure. La nuit commence à tomber et je vois au loin des coureurs qui franchissent à leur tour cette fameuse ligne. Epuisée, je rentre dans la bouche de métro et descend péniblement les escaliers comme une vieille de 90 ans.
Le lendemain, comme tous les marathoniens, je porte ma médaille autour du coup et l'arbore fièrement dans les rues de NYC. Tout Manhattan est rempli de médaillés et tout le monde nous félicite, quelque soit notre chrono : on l'a fait !
Je retourne sur Central Park pour faire graver ma médaille. Une queue de 1H10 m'y attendra. 25$ la gravure, achat du T-shirt finisher. Je reçois un verre en souvenir (GJ). Je descend les escaliers de Central Park en boitant, j'ai mal au genou, j'ai froid, mais je suis heureuse. Finalement le marathon c'est pas si mal. A quand le prochain?

"

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Myriam
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