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les Récits : St Petersburg 2017 : mon Tsarathon au coeur de l’Histoire
Posté le Jeudi 17 août 2017 @ 13:50:23 par webmaster

RunninDoum écrit "

Sept ans après New-York, j’avais proposé à Runnindoum Senior de nous accompagner dans cette nouvelle aventure en contrée lointaine. A la clef un petit marathon pour moi mais aussi une belle visite en 5 jours de la ville des Tsars, capitale de l’Empire russe jusqu’en 1917, et un second passage pour lui 50 ans après sa première venue dans l’URSS d’alors.
J’ai joué le confort et signé pour un séjour clefs en mains avec Elisabeth, ma TO préférée que l’on retrouve périodiquement depuis 16 ans ! LN m’accompagne ainsi qu’un couple d’amis bordelais, je suis le seul coureur de notre petit groupe, qui va s’insérer parmi une quarantaine d’autres participants, dont quelques (inévitables) CLM.

Nous avons commencé par un après-midi à Paris à jouer les touristes sous la canicule qui sévissait partout en France ce jeudi. Une belle balade en bord de Seine autour du Louvre nous réveillait gentiment les mollets.

Vendredi midi nous atterrissions à Saint-Petersburg, sous un ciel gris dans une fraicheur bienvenue. Après une rapide installation en plein centre ville en bordure de la Perspective Nevski, les Champs Elysées locaux, nous découvrions le Winter Stadion, un vieux bâtiment à la piste couverte en « simili-tartan » et ses virages relevés pour une mini expo marathon et le retrait des dossards. Pour moi, un signe du destin sans doute, le dossard 42 (sur 7000 concurrents). Une bière sans alcool à la main, je parcourais les petits stands que quelques marathons russes proposent, et tentais d’expliquer aux deux jumelles tenant celui d’Ekaterinburg que j’étais passé par là 15 ans plus tôt en plein hiver dans le cadre de mon travail. Elles n’ont strictement rien compris, et on a tous bien ri!

Une petite promenade de fin d’après midi aux alentours de l’hôtel nous faisait découvrir mon coup de cœur ici, la cathédrale Saint-Sauveur sur le Sang Versé, une merveille d’église orthodoxe (1907) le long du canal Griboïedov, dont les bulbes doré et verts étaient illuminés par un soleil vaillant (on est en période de « white nights ») sur fond de ciel orageux bien noir… la carte postale parfaite.
Le soir nous partagions quelques tapas dans une chouette petite bodega, le « Barcelona ». Pas facile de trouver des restaurants de cuisine russe ! Manger ici ne ruine personne, on comptera entre 1000 et 1500 roubles par repas soit 15/22 euros.

Samedi pour patienter avant le grand rendez-vous, une grande visite en bus panoramique avec une excellente guide bilingue parfaitement à son affaire nous faisait découvrir les principaux points d’intérêt de la ville historique, dont nous passerions certains à nouveau en revue le lendemain à 11 kilomètres / heure.
La ville est traversée par la Neva et de nombreux canaux (ne l’appelle t-on pas la Venise du Nord), qui isolent les quartiers les nuits entre 1h30 et 4h30 lors de la « levée des Ponts » qui permet aux bateaux de croisière et autres navires de fort tonnage de naviguer ou d’accoster, déversant au passage des flots de milliers de touristes.
L’architecture russe témoigne de la richesse de son histoire, les innombrables palais succèdent aux églises, la plupart de ces édifices ayant été reconstruits à l’identique après la deuxième guerre mondiale, après la destruction quasi-intégrale de Léningrad lors du siège homérique de la ville entre 1941 et 1944. Tout est immense, grandiose, les palais d’été ou résidences d’hiver de tel ou tel membre de la famille impériale démesurés et richement décorés. La forteresse de Pierre et Paul, qui abrite une cathédrale dans laquelle reposent tous les tsars depuis Pierre le Grand, mais aussi les cathédrales Saint-Isaac ou Notre-Dame de Kazan, le croiseur Aurora d’où partit la révolution d’Octobre, les statues de Catherine, Pierre ou à la gloire de généraux ou artistes russes, les berges de la Neva… seront les points d’orgue de cette plongée dans l’histoire. Quelques bâtiments staliniens, gris et cubiques, témoignent aussi d’une autre époque, plus récente…

Le soir avant la pasta party, nous irons arpenter l’immense place Dvortsovaya face à l’Ermitage, qui sera le théâtre du départ et de l’arrivée des 2 courses demain (marathon et un 10 km). Une belle lumière offre des possibilités de photos magnifiques. Il faut dire que je n’ai vu la nuit qu’après 23 heures, et jamais le lever du soleil, sans doute vers 3 heures du matin…Pour l’instant la place est presque déserte, on est littéralement écrasés par la majesté du lieu. Demain il en sera tout autrement !
La pasta nous réunit dans une grande pizzeria pour manger vous savez quoi, avec toutefois un petit verre de vin (italien !). Ma voisine de tablée, Michelle, verte V3 alpine, nous racontera ses courses de montagne (dont une Diagonale des Fous, j’admire).

Dimanche, jour J.

L’hôtel est à 5 minutes à pied de la place Dvortsovaya en empruntant deux cours intérieures, qui « traboulent » depuis notre rue. D’ailleurs le centre de Saint-Petersbourg regorge de ces petites cours dans lesquelles on pénètre par un portail en fer forgé ouvert aux piétons, et qui offrent de judicieux raccourcis pour passer d’une avenue à une autre.
La place est donc noire de monde à 20 minutes du coup de canon. 13000 coureurs dont quelques étrangers patientent en discutant. C’est l’ambiance des grands marathons internationaux, et pour l’occasion j’ai ressorti mon débardeur aux couleurs des « Marathon Globe Trotters » pour courir aujourd’hui mon 22ème pays. La température est très douce, pas de pluie à l’horizon, et une idéale couverture nuageuse nous évitera la morsure du soleil arctique.
Je pars avec Patrick, PGaz sur CLM, déguisé aujourd’hui en Tsar ; il était un peu inquiet de la réaction populaire, et aura en fait un beau succès sur le parcours. Mais la toque sera vite trop chaude !

Fin des discours officiels, Bang. On part gentiment, je me suis dit qu’un 3h50 me satisferait tout à fait, je suis en effet de plus en plus réticent à travailler mes gammes « vitesse » à l’entraînement et donc forcément il n’y a pas de miracle…
Après avoir longé « les Ermitages » on traverse très rapidement la Neva.

Km4. Belle vue sur un coude de la Neva, orné ici des colonnes rostrales rouges, découvertes hier.
Les pelotons des 2 courses se séparent au 6ème km, on respire mieux d’un seul coup.

Km7. Alors qu’on double le musée de l’Artillerie (on ne peut pas le louper avec tous ces canons sur la pelouse devant !), la Forteresse Pierre et Paul et ses remparts rouges nous saluent depuis l’autre rive.

Km9. On longe le croiseur Aurora, de la flotte de la Baltique de la Marine Impériale. Les images du cuirassé Potemkine du fameux film d’Eisenstein me reviennent, même si Helena notre guide m’a bien expliqué que c’est d’ici qu’était partie la révolution bolchévique d’octobre 1917, et non pas de Moscou, mutinerie uniquement dirigée contre les officiers.

Km10. 55 minutes de course, nous croisons en mode touriste. Avec PGaz on papote (hommage à une certaine Bretonne … !).

Km11. On enroule le jardin botanique, et si on lève le nez, on ne peut pas rater l’antenne relais de la radio-télévision, tour en treillis d’acier de 310 mètres au pied de laquelle nous passons. Le parcours est plat, seules les traversées des ponts sur les bras de la Neva ou les canaux font onduler un peu la route. Mais on les sentira bien sur la fin…

Km16. Un aller/retour nous permet de prendre quelques repères chronométriques : on a environ 4 minutes de retard sur les ballons de 3h45 et autant d’avance sur ceux des 4 heures.

Passage au semi en 1h57. On se dit avec PGaz que la barre des 4 heures va peut-être être plus compliquée à atteindre que prévu… Ce n’est pas qu’on a forcé, non, mais après un départ prudent du fait des jambes lourdes des 2 journées de visite, on sent bien qu’on a un peu entamé le capital. Et les longues lignes droites sur routes à 3 voies plutôt vides sont propices à la gamberge. Les passages aux ravitaillements sont très réguliers, on y trouve presque toujours eau, coca, sucre et fruits secs.

On traverse à nouveau la Neva pour attaquer la seconde boucle qui nous verra enjamber ou longer de nombreux canaux. Les façades sont toujours pittoresques, et doucement on va arriver au 30ème km en longeant le fleuve, alternant bavardages et moments de silence.

Km30. On enchaine sur Nevski Prospect, il y a du monde pour nous encourager. Plus loin, une grande place en plein centre vers le 31ème km ne m’a pas permis d’identifier la gare de Moscou… On retrouve la Neva au 33ème km.

Km36. la très belle Cathédrale Smolny, délicate, toute blanche et bleue. Je ne l’ai pas vue… décidément je regarde beaucoup mes chaussures à ce moment ! J’ai d’ailleurs une petite frayeur à ce ravitaillement du 36ème selon ma Garmin, et son panneau « Km35 », mal placé qui me fait croire un instant que je viens de gagner 900 mètres de rab ! Fausse information heureusement. Au ravito je prends au vol un coca dilué sans m’arrêter, laissant PGaz derrière. Les jambes reviennent et je viens de réaliser que non seulement 4 heures est accessible mais que je peux sauf panne soudaine boucler le second semi dans le même temps que le premier. Alors je me mets dans ma bulle et j’y vais.

Km40. Il me semble bien que c’est d’ici que j’ai aperçu un dôme bleu très lumineux, c’est la Mosquée sur l’autre rive, que j’aurais aussi pu voir depuis le début de la course.
Je refais les calculs.

Km41. La foule se densifie et pousse les coureurs : « Marati ! Maratii ! ». On longe le palais de l’Hermitage le long du fleuve, encaisse quelques dernières ondulations dues à des passages de canaux latéraux, le couloir final approche et je peux accélérer sans problème, souriant aux photographes et serrant les poings. Dans les spectateurs, appareil photo en main, Runnindoum Senior ne m’a pas vu. Je fonce sous l’arche finale.

3h52’23. Un bon negative split de 2 minutes me ravit et me rappelle que si je faisais l’effort de structurer un peu mes entraînements à nouveau, je pourrais descendre un peu ces chronos… A réfléchir. Un bénévole me remet une très jolie médaille évoquant l’Aurora et les fameux ponts levés.

Je retrouve LN et la famille tout de suite, prends mon temps pour savourer en grignotant quelques raisins secs et une bonne bière (sans alcool, sic…). PGaz arrive 3 minutes après. Tout le monde rentrera au bercail, ils étaient déjà très nombreux avant moi !

Pour reposer les jambes, l’après-midi une balade en bateau nous permettra un autre joli tour de la ville. Impressionnants, les passages sous les ponts cette fois-ci pendant lesquels il est impératif de ne pas lever trop la tête sous peine de décapitation ! Et pour parfaire le tout, le soleil dont on n’avait pas besoin ce matin se montre généreusement maintenant !
Le soir nous fêterons cette nouvelle médaille lors d’un diner oriental avec danseuse du ventre bien sûr, vodka et excellente nourriture de l’Est.

Lundi.

Nous allons visiter deux sites prestigieux dans les environs de la ville : le palais des Tsarines (palais de Catherine) dans Tsarkoë Selo, et le palais de Paul à Pavlosk. Du marbre, de la pierre jaune, des ors, des bronzes, des toiles de maîtres partout. Un étalage de richesses issues de la folie des grandeurs impériale, joyaux architecturaux de la Grande Russie, qui aident à comprendre la violence de la révolution populaire qui allait tout renverser sur son passage et changer la face du Monde…

La fin de journée sera consacrée à flâner dans le quartier autour de cette perspective Nevski et ses 2 fois 4 voies très touristiques. J’ai été impressionné par les courses que se font en fin d’après-midi motards et grosses (très grosses) voitures de sport entre deux feux rouges, au moins à 100km/h sans le moindre radar ou képi à l’horizon…

Le feu d’artifice final de la journée sera une représentation du Lac des Cygnes au Théâtre d’Alexandra, somptueux spectacle qui me met toujours la chair de poule (ou cygne). 18 cygnes plus fins et gracieux les uns que les autres, (aah, le quadrille, quelle merveille !!), un bouffon sur ressorts, et un prince un peu lourd à mon sens, une scène aux décors grandioses et surtout une acoustique de rêve dans ce palais aux loges sur 6 niveaux. La Russie romantique et éternelle dans un temple du ballet…

Mardi.

Une journée consacrée au musée de l’Ermitage, énorme ensemble architectural aux salles surdimensionnées, toutes plus richement décorées les unes que les autres. Hélas il y a beaucoup trop de monde, les groupes ne se succèdent pas mais se chevauchent, c’est la foire d’empoigne autour des trésors les plus populaires comme des toiles de Rembrandt ou Raphaël, une sculpture de Michel Ange, le « paon horloge »… Des touristes asiatiques en particulier sans aucun respect vous bousculent, passent devant et mitraillent les œuvres ou font des selfies comme s’ils étaient seuls… Dommage.

Le soir nous assistions au palais Nikolaevsky à une démonstration de folklore russe coloré et bondissant comme on se l’imagine : des scénettes toujours basées sur des histoires d’amour et de séduction, deux prétendants un seul élu. Les costumes traditionnels virevoltaient au son de sifflets et d’airs populaires enjoués…

Mercredi matin.

Avant de repartir car la fête se terminait, nous n’avons pas voulu quitter Saint-Petersbourg sans plonger dans ses entrailles, jusqu’à 80 mètres sous terre, pour visiter quelques-unes des célèbres stations de métro. Un immense escalator nous descend sous la Neva, munis de nos jetons (45 roubles – et quelle bonne idée, des jetons réutilisables, pas de tickets à jeter !) et nous prenons la ligne rouge. Là, quelques stations sont remarquables, Kirovsky Zavod et Avtovo en particulier, toutes en marbre, ornées de grands piliers, de plaques de bronze, de multiples statues à la gloire de la famille, du travail et des héros du peuple… Des marteaux et faucilles et autres bustes de Lénine en rappellent l’origine soviétique. Et bien sûr pas un papier par terre, pas un graffiti…

Quelques heures plus tard, la pluie s’est mise à tomber…
Et nous sommes partis.

Dasvidania, mother Russia !


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