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les Récits : 6000D 2017 : Mieux qu'un lot de consolation
Posté le Jeudi 17 août 2017 @ 13:50:39 par webmaster

DingDong écrit "

J’aurais aimé pouvoir affirmer que ma participation à l’édition 2017 de la 6000D était le fruit d’une décision mûrement réfléchie. Après tout, une course de 65 km et 3500 m de dénivelé positif, ce n’est pas rien ! Sauf que, trois semaines plus tôt, j’étais loin d’imaginer que j’irais passer un week-end à La Plagne fin juillet…

Tout a commencé le samedi 8 juillet du côté de Saleina, en Suisse. Il devait être environ 13h00 quand j’ai décidé d’abandonner lors de l’Ultra-Trail Verbier-Saint Bernard. Nous étions partis de Verbier depuis 12 heures déjà, et chaque pas devenait de plus en plus pénible en raison d’une forte douleur au mollet et d’une grosse défaillance sur le plan mental. J’ai par là-même tiré un trait sur l’UTMB 2018, faute d’avoir glané suffisamment de points pour y participer.

Le week-end suivant, après une semaine de pause complète de course à pied et une profonde remise en question, je décidais de rebondir en m’inscrivant à la 6000D.

Vendredi 28 juillet. J’arrive en début d’après-midi à Aime, petite ville savoyarde. Après avoir rapidement récupéré mon dossard et fait un tour au village de la course, je me rends à l’office du tourisme local pour y acheter un billet pour la navette qui doit nous mener demain matin de Plagne 1800 (le seul endroit où j’ai réussi à trouver un hôtel libre si peu de temps avant la course) jusqu’au départ, qui se tiendra ici même, à Aime, à 673 m d’altitude. J’y apprends par la même occasion qu’il n’y a pas de bus pour La Plagne avant deux heures. Bon, alors il ne me reste plus qu’à me balader en attendant…

Le soir même, tandis que je dîne au restaurant de l’hôtel, un autre coureur vient s’installer à ma table. Nous commençons à discuter, et j’apprends qu’il est originaire de la région parisienne et qu’il a déjà participé à la 6000D. J’en profite donc pour lui poser diverses questions concernant le parcours. Ses réponses me rassurent : les descentes sont assez peu techniques, et les sentiers suffisamment larges pour dépasser relativement facilement. Sur le papier, tout va bien, donc. Reste à savoir s’il en sera de même dans la pratique !

Samedi 29 juillet. Il est 3 heures du matin quand j’ouvre les yeux. Même si mon réveil ne sonnera pas avant 3h45, je sais pertinemment que je ne parviendrai pas à me rendormir d’ici là. Je me lève donc et me prépare tranquillement avant de quitter l’hôtel vers 4h15 pour rejoindre l’arrêt de bus (situé en haut de la station) où la navette viendra nous chercher 15 minutes plus tard.

Contrairement à d’habitude, je ne suis pas stressé à l’approche de la course, alors que je sais pourtant que j’en aurai au minimum pour dix heures d’effort (et même probablement plus). Le soleil se lève quelques minutes seulement avant le départ, prévu à 6h00. Même si j’attends le dernier moment pour me débarrasser de mon coupe-vent, il ne fait pas spécialement froid. Mon t-shirt sans manches et mon short devraient donc faire l’affaire.

Une fois le départ donné, nous parcourons quelques kilomètres légèrement descendants sur du béton, avant d’attaquer la montée quasiment ininterrompu qui doit nous mener sur le glacier de Bellecôte, à 3047 m d’altitude, 32,5 kilomètres plus loin. Autant dire que je vais devoir prendre mon mal en patience avant de profiter de la descente…

Les 19 premiers kilomètres de montée, principalement en forêt, sont relativement progressifs. Je suis étonnamment bien en jambes et parviens, sans forcer plus que de raison, à dépasser de nombreux coureurs, pour la plupart équipés de bâtons. J’ai fait le choix de ne pas en prendre et, pour l’instant en tout cas, je ne regrette pas du tout cette décision.

Lorsque nous passons après 14 kilomètres environ dans la piste olympique de bobsleigh de La Plagne, je profite du côté insolite de l’endroit. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut courir ici… surtout dans le sens de la montée !

Contrairement à ce que je pensais, le premier ravitaillement, à Plagne Centre, est relativement fluide malgré le grand nombre de coureurs qui y arrivent simultanément. De nombreux bénévoles se déplacent sur tout le site avec des bouteilles d’eau, ce qui a pour effet de ne pas engorger les tables de ravitaillement.

Je me remets en route assez rapidement et continue d’imprimer un rythme relativement rapide bien que le parcours continue de monter constamment. Nous passons dans les alpages puis le long d’un magnifique lac de retenue d’eau potable que je prends en photo sous toutes ses coutures. Je profite ensuite du second ravitaillement, après 29 km, pour troquer mon t-shirt trempé de sueur contre un autre parfaitement sec et ranger ma casquette, que j’avais sortie quelques kilomètres plus tôt mais dont je n’ai plus besoin dans l’immédiat : la météo, jusqu’ici relativement chaude, tourne au gris et à la pluie, ce qui n’est pas plus mal.

Si tout va bien pour l’instant, j’ai bien conscience que le plus dur est à venir : nous allons maintenant attaquer la montée du glacier. Je serre donc les dents tandis que les sentiers se font plus escarpés. Chaque fois que je lève la tête pour voir ce qui m’attend, je ne peux m’empêcher de soupirer en voyant à quel point la pente est raide. Une fois arrivé en haut, je souffle un moment avant de repartir. Nous courons quelques centaines de mètres dans la neige, avant de découvrir que nous ne sommes pas encore au bout de nos peines : une nouvelle montée particulièrement raide nous attend. En outre, je commence à avoir très froid à cause de la pluie et du vent. Il faut dire que nous sommes quand même à 3000 m d’altitude… Je ne juge toutefois pas utile d’enfiler mon coupe-vent : en effet, nous allons bientôt attaquer la descente qui doit nous ramener au poste de ravitaillement précédent, à un peu moins de 2500 m d’altitude.

Celle-ci est d’abord très technique, si bien que je manque de trébucher sur une pierre, ne retrouvant l’équilibre qu’in extremis. Elle se fait ensuite plus agréable après le ravitaillement. Après m’être réchauffé avec une soupe de légumes, je déroule tranquillement mais prudemment car, à l’exception de la montée d’un dernier col, ce ne sont pas moins d’une trentaine de kilomètres de descente qui nous attendent !

Aux alentours des 43 km de course, le col de l’Arpette (2337 m d’altitude), justement, nous oblige à relancer après plus de 10 km de descente, ce qui est tout sauf évident. Je parviens à imprimer encore un certain rythme et à dépasser plusieurs coureurs dans la montée, mais je sens bien que je n’ai plus autant d’énergie qu’auparavant. Je me rassure toutefois en me disant qu’une fois arrivé en haut du col, je n’aurai plus qu’à me laisser aller dans la descente.

Après plusieurs kilomètres de descente « dré dans l’pentu » (comme disent les locaux) jusqu’à Belle Plagne (2075 m), c’est un gros poste de ravitaillement qui nous attend un peu plus loin, à Plagne Bellecôte (1924 m). De très nombreux spectateurs nous encouragent, ce qui me redonne le sourire malgré la fatigue musculaire occasionnée par ces derniers kilomètres. Je m’y arrête plus longtemps qu’à mon habitude afin d’essayer de récupérer un peu et discute brièvement avec un bénévole, qui me rassure : « Vous êtes tous cuits ! ». Je repars ensuite tant bien que mal, encouragé une nouvelle fois par de nombreuses personnes tandis que je quitte la station pour des sentiers forestiers.

S’ensuit une interminable descente, d’abord sur des cailloux (qui me vaudront une belle chute, heureusement sans gravité) puis sur des chemins de terre parsemés de racines. Ma montre GPS ayant rendu l’âme un peu plus tôt, je n’ai plus aucun repère kilométrique, si ce n’est les postes de ravitaillement, dont je connais l’emplacement grâce au profil du parcours tatoué sur mon bras (une bonne idée de l’organisation).

J’ai conscience de ne plus être très lucide et ne prends donc pas de risques inconsidérés dans les descentes. Surtout que je n’ai plus du tout de jus… La fin de la course s’annonce longue, très longue. Pourtant, je sais que, sauf blessure, j’arriverai au bout. Quitte à marcher sur les derniers kilomètres !

La traversée de la station de Montchavin, après 55 km de course, a pour effet de me rebooster : les spectateurs sont venus en nombre et plusieurs d’entre eux agitent des cloches, ce qui met beaucoup d’ambiance. Deux adolescents font en outre une « ola » sur mon passage. Après un bref arrêt au ravitaillement, je repars sous une pluie battante dans la campagne puis dans la forêt, où une longue succession de montées et descentes courtes met nos organismes (et notre mental) à rude épreuve.

C’est avec un profond soulagement que j’aperçois un panneau indiquant que nous arrivons à Sangot : à présent, je sais non seulement que nous avons parcouru exactement 60 km, mais aussi que c’en est fini de la descente. Les cinq derniers kilomètres se feront sur une piste cyclable longeant l’Isère. Alors que je pensais que le passage de la descente au plat me poserait des problèmes pour relancer, je parviens sans mal à continuer de courir, tandis que la plupart des participants marchent à présent. Une fois le centre d’Aime en vue, je me paie même le luxe d’accélérer sur le dernier kilomètre, légèrement en montée.

Le parcours nous fait faire un détour par les rues pavées du centre ville d’Aime. De nombreux spectateurs m’encouragent et un jeune garçon fait lui aussi une « ola » sur mon passage. J’entre enfin dans la dernière ligne droite précédant la ligne d’arrivée. Je serre les poings alors que je passe sous l’arche d’arrivée après 10 heures et 47 minutes de course. Yesssssssss !

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