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les Récits : SaintéLyon 2009: L'essentiel c'est d'avoir la SAINTÉ !
Posté le Samedi 12 décembre 2009 @ 17:04:55 par webmaster

Eric27 écrit "

La première fois que j’ai entendu parler de la SaintéLyon, je devais avoir 12 ans. Les grands du club qui en parlaient, la décrivait comme une randonnée difficile mais se gaussaient de ceux, pauvres marcheurs qui se trainaient pendant sept, huit ou neuf heures pour relier le haut lieu footballistique d’alors à la capitale des Gaules . Puis en 1977, vint le temps des coureurs et les persiffleurs se ruèrent alors sur ce qui devint l’une des courses les plus difficiles de France. Certains d’entre eux n’allant d’ailleurs pas plus vite que les marcheurs raillés. A l’époque, rien ne me faisait peur et la difficulté m’attirait. Ou est la gloire à vaincre sans péril ? Ainsi, du haut de mes quatorze ans, je me promis de courir dès que je pourrais cette course de légende.

Certes la difficulté de la course c’est relativisé face aux Ultra-trails d’aujourd’hui et le matériel à bien évolué. Des frontales puissantes dont l’autonomie permet un éclairage permanent. Des chaussures de trail qui accrochent, des vêtements techniques qui gardent le corps sec et chaud sont autant d’évolution qui ont ouvert la course au plus grand nombre.

Attention, les 1500 abandons (26,79% des 5600 partants de la course solo) de cette année attestent cependant qu’il faut arriver bien préparé ou pour le moins avoir une bonne expérience des courses de cette nature.

31 ans plus tard, la petite folie de Barbie me rappelle cette promesse. Je décide donc de courir la suivante. Mais voilà, la chose ne m’est pas aisée. En effet, traditionnellement, les premiers vendredi, samedi et dimanche de décembre se déroule à Rouen, le deuxième festival du livre de jeunesse de France. Je suis à l’origine des partenariats qui lient mon Comité d’Entreprise aux trois principaux festivals ou salons de ce type (Rouen, Cherbourg, Beaugency) des onze départements du territoire de notre CE. L’organisation est rodée maintenant et nul n’est indispensable. Je préparerai le côté matériel et j’animerai le stand de notre CE le vendredi. Catherine, Pierre et Jean seront présents le samedi et le dimanche et rangeront le lundi. Je dispose donc de trois jours pour réaliser une promesse vieille de 32 ans. Seul petit hic, aucune séance de sport depuis le marathon de La Rochelle.

Le festival ferme ses portes à 20h ce vendredi, à 20h30 je dois être à Canappeville, située à 35km de Rouen pour rencontrer l’équipe locale de Tennis de Table avec mes copains du ping. Je joue extrêmement mal, la tête bourdonne encore des tumultes de la journée. Pour la première fois depuis que je joue, je jette l’éponge avant la fin de la rencontre, je m’en excuse auprès de mes adversaires et de mes compagnons mais je sens comme une grosse fatigue, pire, cela ressemble à de la lassitude. J’ai peur pour la suite de mon week-end. Il est une heure du matin, je zappe la rituelle troisième mi-temps. Je rentre et ne trouverai le sommeil qu’à trois heures. Je dois me lever à 5h30 pour prendre le train de 7h20 et ainsi pouvoir passer aux Tuileries.

Les tracas se poursuivent, le train de 7h20 est annulé, remplacé à 7h40 par un omnibus qui me fera arriver à Paris vers 9h15… Pas grave, j’ai le temps puisque mon TGV pour Saint-Etienne ne part qu’à 12h54mn. Je passe trop rapidement voir les hamsters Barbie, Ronald, Olivier et Thorson ainsi que nos bénévoles Say et une Brinouille au sommet de sa forme (je me souviens notamment de ce qualificatif de « grand préservatif jaune » qui fait esclaffer plus d’un coureur, bénévole ou spectateur et ce malgré la fatigue). Je suis encore sous le charme d’un immense sourire qui laisse deviner tout le plaisir ressentit par une belle coureuse brune. Je suis trempé, mes running me démangent, je décide donc de m’éclipser avant quelles ne décident de m’épuiser avant l’heure, non sans avoir glissé un rapide bonjour à Steph95 qui vient faire quelques foulées… Un repas plus tard (des pâtes bien entendu) et je suis dans le train en route vers de nouvelles aventures et de belles rencontres.

Et les belles rencontres s’organisent et là, côté organisation, nous avons la logistique CLM. Notre Point De Contact sera Nologo et comme toujours, il sera parfait. Puisque je suis dans les présentations, continuons…

Côté CLM, il y a donc le local Nologo. Coureur d’expérience et performant, il en est à sa 10ème Sainté et espère atteindre les 6h15mn. Sa gentillesse n’a d’égal que son courage. Victime de deux chutes lors de la descente de Sainte Catherine, il finira les 42km restant avec deux doubles fractures aux orteils et dans un temps remarquable de 6h49mn. Nologo et moi avons beaucoup de passions communes et je sais que nous aurons encore l’occasion d’en discuter… Pas sur une course, il va trop vite !

Il y a les concitoyens de Japhy, PConvert, Latortue, Aly, Véro06… Colange, Ange et Did06 qui viennent profiter avant tout, des plaisirs de la course. Malgré la chute de Did06 et la cheville tordue de Colange, ils finiront comme ils sont partis… ensemble en 8h46mn.

Côté CAF, il y a Titoune, qui s’acquittera à merveille de ses tâches : Conductrice de bus pour les coureurs de son ASPTT et surtout suiveuse et soutien de MTitoune. Elle lui permettra d’atteindre et même de dépasser l’objectif avoué finir en moins de 7h (je crois 6h52mn).

Il y a nos discrètes mais pourtant bien présentes :

Comhic (qui, pour l’occasion, m’avait demandé un plan) qui court le premier relais de son équipe. Elle bouclera en 1h48mn les 16 premiers kilomètres tout en montée (260m de D+) de son relai. Une jolie performance sur un terrain quelquefois boueux.

Diéselle dont vous avez pu lire le CR qui finira, avec un petit garçon mouillé mais fier de sa maman, en 9h12mn.

Mes partenaires du jour :

Juju… Ah Juju ! Je ne peux résister à vous joindre le courriel que j’ai reçu le 26 octobre dernier.

Eric,

J'aimerais faire la SaintéLyon en 2010. Peux-tu m'aider pour un plan d'entraînement. Par avance, merci. Mon pseudo sur Courir au Féminin est JUJU, mais je ne suis pas un membre très actif, peu douée pour les forums et ordi très peu dispo à la maison.

POUR LA CAP, voici quelques renseignements:

1) J'ai 42 ans (j’en aurais 43 ans en 2010)

2) Je cours depuis 3 ans

3) aucune info sur la technique, style FMC ou je ne sais quoi, j'ai un cardio tout neuf à la maison, toujours dans son emballage. Je cours aux sensations et cela j'y tiens.

4) Je n'ai que 2 marathons à mon actif, bientôt le 3ème (le 21 novembre), quelques semi et plus de 10kms, aucun trail pour l'instant.

5) Je m'entraîne trois fois par semaine, si vacances plus + 1 heure gym volontaire.

6) Je ne comprends rien aux calculs style, fractionné.

7) Mes meilleurs temps (c'est pas très glorieux mais bon c'est moi) marathon (4h03), semi (1h49) et 10 kms (44 minutes et des brouettes).

8) Important pour la Saintélyon, je n'ai jamais couru la nuit et surtout j'aime beaucoup dormir. Alors est-ce bien raisonnable tout ça. Mais quand je vois tout ce que vous faite, et que je lis vos CR, je me dis que tout est possible. Voilà, je crois avoir fait le tour, il manquera après l'aspect matériel et alimentation, le jour J mais on a le temps

MERCI BEAUCOUP

Nathalie, c'est mon vrai prénom

Le 30 octobre, je lui envoie son plan. Un an pour préparer la SaintéLyon, elle aura le temps de se faire les dents sur des trails et apprendre à courir de nuit.

Un an… Une semaine oui ! Le 27 novembre je reçois ce courriel :

Eric,

Excuse-moi de te déranger. Changement de programme complet, on vient de m'appeler on me propose un dossard pour la Sainté de cette année. Je dois rendre ma réponse aujourd'hui et je n'ai même pas les chaussures de trail et je n'ai pas encore couru avec lampe frontale. Qu'en penses-tu, est-ce que je me lance avec tout juste le Beaujolais dans les pattes et des godasses qui seront presque neuves et zéro expérience dans le trail.

Merci pour ta réponse.

Nathalie

Que croyez-vous que je fis… Je suis un homme et comme tous les hommes, je réponds aux questions par d’autres questions. Pour ce qui est des réponses, j’esquisse, je slalome, j’évite et laisse finalement Juju décider (de toute façon Juju est une femme et comme la femme a toujours le dernier mot !)

Bon d’accord, je connaissais la réponse avant même qu’elle ne me la formule. Je savais également que je ne courrais pas seul !

Juju, (premier trail, première course de nuit et premier ultra) qui m'a tout simplement bluffée par son aisance. Un style économique et une belle foulée courte mais rythmée qui devrait lui promettre un bel avenir d'ultrafondue. Il faut qu'elle travaille les descentes trail et elle gagne une heure sur son temps déjà remarquable.

J’ai fait la connaissance de Nano en mars au semi-marathon de Paris. Ce petit bout de femme est taillé pour l’aventure. Et sa participation a été décidée dès l’année dernière. Nano (premier ultra) est une vététiste au long court. Je croise les doigts pour que son beau projet se réalise. Si tout ce passe bien, elle fera peut-être un petit bout de chemin avec moi début juillet.Nano, est très bonne descendeuse (on reconnait la vététiste), dommage qu'elle soit souvent ennuyée par des problèmes gastriques.

Nos adorables, patientes et courageuses supportrices :

Zarrha la séductrice qui réussira à corrompre les vigiles et à nous rejoindre dans le sas d’arrivée.

Anouchka, resplendissante, que son statut de future maman rend encore plus belle.

Stella, la vrai, tamaloute de première et pour l’occasion, gentille organisatrice d’un merveilleux petit déjeuner. Courageuse Stella, obligée de se lever à 5h30mn et toujours souriante à 10h30mn lorsque nous sommes arrivés.

Et enfin notre malchanceuse accompagnatrice Breizh69. Malade et au lit, Breizh69 n’a cependant jamais cessé de nous accompagner tant nous avons pensé à elle et réussi donc, sa mission avec brio.

Merci nos Lyonnaises, en vrai, vous êtes encore plus formidable que dans notre habituel monde virtuel.

Mais venons-en au déroulé de la journée.

Je passe rapidement sur l’après midi. L’appel de Breizh69, malade qui est prête à faire le mur à 4h30mn pour nous accompagner sur les 24 derniers kilomètres comme cela était prévu. Je prie pour que MBreizh69 reste devant la porte pour l’empêcher de sortir. Nano est la première à me rejoindre sur le matelas que j’ai déroulé (non, vous pouvez effacer de vos visages ces sourires entendus, nous étions sur le matelas mais en tout bien tout honneur, non mais !) dans le hall B du parc des expositions de Saint-Etienne. Juju, superbe, nous rejoint peu après. Titoune et MTitoune arrivent alors. Nous blablatons quelque peu, une photo et nous devons déjà quitter le camp de base de l’expédition pour rejoindre le cocoon que nous a trouvé Nologo. Et là, c’est le top, la perle de ce qui peut se faire comme rendez-vous. Le « Flore », situé à 50m du parc des expositions, sait accueillir les ultrafondus. Jugez-en ! Un repas à 9€ dans le calme (apéritif, entrée, pâtes, fromage, dessert et café ou thé à volonté) avec nos amis CLM Colange, Ange, Did06 que je connaissais déjà pour les avoir rencontré l’une et l’un à Marrakech et l’autre à Nice et Nologo. Le top du top vient après le repas. Le « Flore » met l’ensemble de ses salles (et de ses toilettes) à disposition pour se changer et se reposer avant le départ. Bon, évidemment la pudeur n’est pas au rendez-vous et comme dit le grand philosophe, poète, gastronome et chanteur Pierre Perret lorsqu’il fut l’heure de se changer se fut :

« A poil, tout le monde à poil !

Les petits les grands

Les bons les méchants !"

On a largué nos caleçons

Nos fanfreluches en nylon

Nos frocs en accordéon

Nos sandwiches en saucisson

Nos pistolets à bouchon

Et nos complexes bidon

Comme une bagnole qui perd ses boulons »

L’ambiance est irréelle, derrière la décontraction, les fous rires et les bons mots de chacun, on palpe l’excitation et la tension qu’engendre une course hors norme.

Après un petit dodo, nous devons déposer nos sacs dans les bus. Quelle cohue ! Et pourtant je réussis encore à retrouver quelques Transaqueurs (une bise à Chrystelle, (sans Laetitia) qui accompagnera en Lybie notre Barbie) ou quelques membres de la FaMillau. Nous voilà maintenant dans le sas de départ. Je me sens bien. J’admire nos CAFeuses tout sourire. Je suis heureux d’être là, si bien accompagné. Nous sommes invincible, d’où moins, c’est le sentiment que je ressens.

Minuit, le départ est donné, nous mettrons plus de quatre minutes à passer la ligne, le temps est idéal et le spectacle complet. Les lucioles me rappellent mon trail nocturne avec Isa76 à la même époque l’année dernière… C’est beau. Je pense à ma tata, déjà un an qu’elle est partie, cette femme remarquable me manque… J’admire la fine équipe, Juju et sa jupette porte les mêmes gants de cycliste que moi. Nano, on dirait le petit chaperon rouge. Je souris, qu’est-ce qu’elles sont belles nos CAFeuses. Les six premiers kilomètres sont plats, je profite d’un arbre pour me soulager… Mal m’en prit ! Je perds mes championnes. Je panique un peu, que vais-je devenir seul au monde ? Je sprinte, j’attends, je téléphone, je re-sprinte, je retourne sur mes pas… Je suis dans un tel état que j’oublie d’embrasser la seule gendarmette du parcours (dixit les filles qui me l’avaient repéré). Enfin, mon téléphone chante. C’est Nano, ouf, je suis sauvé, j’accélère à nouveau, je rattrape Raph, mon compère de la trans aq’, un petit bonjour mais je ne m’attarde pas et je retrouve enfin mes partenaires. La côte de treize kilomètres est déjà bien entamée. J’incite mes belles à lever le pied, il faut nous économiser et il faut mieux choisir les moments de marche que les subir (Pierre, j’espère que tu ne lis pas ces lignes). 55mn de course, nous passons en mode trail : Ne pas chercher à éviter les flaques. Les blessures se font toujours sur des écarts. Mes chaussures (brooks cascadia) accrochent bien, mes chaussettes étanches tiennent mes pieds au chaud et sec. Les guêtres jouent parfaitement leur rôle et empêchent la boue et les pierres de rentrer dans les chaussures et ceux malgré la rupture rapide de l’élastique de maintien (les guêtres n’aiment pas le bitumes, trop abrasif).

Nous atteignons le premier ravitaillement (16ème km – St Christo en Jarez) en 1h58mn. Sur ce genre de course, si vous voulez courir en performance et si vous n’avez pas le niveau pour faire le parcours très rapidement, il faut mieux partir en autonomie complète. Le simple fait d’atteindre la table et de remplir sa gourde peut vous faire perdre jusqu’à ¼ d’heures. Ainsi, nous nous arrêterons plus de 10mn sur 5 des 7 ravitaillements (5mn sur les deux derniers) comptabilisant donc plus d’une heure d’arrêt sur l’épreuve. Ce qui n’est pas gênant pour nous, Noëlle et Nathalie débutant dans l’ultra et souhaitant avant tout finir sans grands bobos, peut le devenir si vous souhaitez faire un temps. Le spectacle est magnifique l’éclairage des frontales serpente sur des kilomètres. Je cours légèrement devant Nano et Juju et le silence de la nuit est simplement ponctué de mes appels « Noëlle ; Juju, toujours là ? » irrémédiablement suivi de la réponse affirmative de mes belles. Quelques jaloux essaient bien de me tromper en imitant nos CAFeuses, mais j’ai l’oreille et leurs meuglements n’a décidemment rien à voir avec les « oui » distingués de mes partenaires.

Le deuxième ravitaillement situé au km 22 (Moreau) arrive, il est 2h57mn. La grande montée se termine, nous sommes à 886m, le plus dur va commencer. Les descentes, même si elles ne sont pas très techniques, peuvent se révéler périlleuses. La boue et les feuilles cachent les pierres et la chute peut arriver à n’importe quel moment. D’autant que les relayeurs (partis une heure après nous) sont nombreux à nous doubler et que, tant pour eux que pour les coureurs solos, ces dépassements sont sources de danger. A mon avis, c’est le petit point noir de l’organisation. Pourquoi ne pas faire partir les relayeurs avant le départ du raid solitaire. Nous éviterions alors de nombreux accidents. Quoi qu’il en soit, je suis dans mon élément, je fonce puis j’attends, je re-fonce et je ré-attends, je m’amuse comme un fou et là encore mes chaussures font merveilles. Une petite inquiétude cependant, à chaque choc, je perçois comme une crampe à l’intérieur de mes cuisses, cela ne dure pas mais le problème est récurrent. Est-ce dû à l’absence de chaussettes de contention ou tout simplement au fait qu’il y a un moment que je n’ai pas fait de gainage. Notre campagne ressemble de plus en plus à la retraite de Russie, des coureurs sont pliés dans les fourrées, les chutes sont fréquentes, souvent dû aux relayeurs. De temps à autre, on entend « à gauche », et Juju se met donc à gauche, je souris et j’explique à notre néo-trailleuse que lorsqu’un coureur plus rapide veut doubler, il n’utilise que trois mots « à gauche », « au centre » et « à droite ». C’est trois mots annonce le lieu de dépassement, ainsi, si vous entendez un « à gauche » derrière vous, vous serrez à droite. Vous éviterez ainsi l’accident, manière peu agréable de finir une course.

Sainte-Catherine située au kilomètre 28 arrive, il est 3h47mn. Nous voyons tout en bas les illuminations de la vallée du Rhône et là bas, tout au loin, cela doit-être Lyon… Que c’est beau ! Nano commence à souffrir, elle a du mal à suivre lors des courtes montées. Je m’en inquiète auprès d’elle. Oui, la belle est dans le rouge, elle n’a pas réussi à s’alimenter depuis quelques temps et à terriblement mal au ventre. Elle doit prendre le temps de manger, de boire et d’aller aux toilettes lors du prochain ravitaillement. Juju, elle, me semble de mieux en mieux, je lui explique que je vais rester avec Nano, que je pense que l’on ne devrait pas arriver avant 10h ou 10h30mn et que si elle souhaite faire sa course qu’elle y aille. Elle restera cependant avec nous jusqu’au ravitaillement suivant.

Saint-Genoux, km 34 ; il est 5h14mn, nous y resterons presque 20mn, le temps pour Nano de réussir à manger et à boire. Nous repartons un peu plus lentement. J’ai Stella au téléphone, j’imagine le site en direct live… Et bientôt, nous laissons filer Juju, décidemment en très grande forme… Quelle gazelle, je la regarde s’éloigner, elle m’émerveille, sa foulée légère et économique en fera une ultrafondue, j’en suis persuadé. N’oublions pas que c’est sa première expérience en trail, en course de nuit et au-delà du marathon.

Un raidillon de plus est passé et nous plongeons sur Soucieu-en-Jarrest. J’observe les nombreux spectateurs. Je suis rassuré, Breizh69 n’a pas réussi à tromper la vigilance amoureuse de son homme et est donc restée au fond de son lit. Je ne sais pas si elle l’a ressentit mais je lui ai lancé à ce moment un gros bisou réparateur. Juju est loin devant nous maintenant, mais je sais qu’elle est maintenant dans son élément. En effet les quelques chemins qu’ils nous restent à parcourir sont roulant et ne devraient pas poser de grandes difficultés à notre routière. Nano profite de cet arrêt pour enfiler des chaussettes sèches. Et nous repartons alternant de plus en plus souvent les périodes de marche. Deux petites bosses et nous rentrons maintenant dans l’agglomération Lyonnaise. Nano repart à nouveau plein gaz, elle semble mieux. Et là, c’est moi qui coince un peu. J’ai mal étudié le road-book. Je pensais trouver des ravitaillements tous les sept kilomètres alors que le suivant est situé à 12. Je n’ai donc plus d’eau et cela m’inquiète. Nano m’est alors d’un grand soutient. Pour tromper mon inquiétude je décide de m’amuser dans la descente, au risque de passer pour un gentil dingue, j’alterne les périodes ou je cours à fond avec les périodes de récupération.

Enfin le ravitaillement tant attendu. Il est placé juste avant ce que l’on pensait être la dernière difficulté. 57ème kilomètre, Beaunant, il est déjà 8h24mn. Le jour est levé et nous rangeons les frontales. J’engouffre une tonne de petits gâteaux à l’orange. Ce sont les mêmes que ceux que ma grand-mère me donnait enfant, des années que je n’en avais pas mangé… Une ½ heure pour grimper les deux kilomètres de la butte de Sainte-Foy-Lès-Lyon. Nous n’allons pas plus vite dans la descente. Nous rentrons dans la ville de Lyon. A défaut de gendarmette, je quémande un bisou à la première Lyonnaise croisée. J’ai de la chance, elle est jeune et jolie ! Et comme elle me le dit, j’aurais pu tomber sur sa mère…

Je n’ai jamais douté que l’on arriverait, Nano est une battante, je sens qu’elle souffre mais je vois également le sourire de la coureuse qui sait que le défit sera gagné.

Oups ! On ne l’avait pas vu venir celle là… On pensait en avoir fini avec les côtes et voici que l’organisation nous en a rajouté une (courte, mais raide). Je comprends maintenant le kilomètre supplémentaire par rapport aux dernières éditions. Nous marchons donc dans la dernière difficulté du parcours et nous escaladons le petit plus de cette année « la montée sur Fourvière ». Cette surprise accentue la souffrance de Nano et nous descendons les escaliers pour rejoindre le dernier ravitaillement en marchant. Le 63ème km est franchi à 9h41mn. Je profite d’un petit pont pour voler un bisou à Nano. Je ne sais pas si c’est l’effet du bisou mais Nano décide à nouveau de courir. Nous sommes sur du plat maintenant, et il est bien agréable de visiter le vieux Lyon de cette façon. Nous franchissons le Rhône au niveau de la gare de Perrache et nous suivrons maintenant les quais, direction plein sud, jusqu’au Palais des Sports. Le public est chaleureux et nombreux maintenant, je vais donc à nouveau faire le Kéké. A 500m de la ligne, je prends la main de ma complice et nous accélérons jusqu’à l’arrivée que nous franchissons à 10h21mn. J’embrasse ma partenaire du jour, Zarrha, par je ne sais trop quel miracle, est dans le sas d’arrivée et vient immédiatement nous féliciter.

Nous allons récupérer nos sacs et nous changer et nous retrouvons toutes nos CAFeuses autour des croissants et pains au chocolas de nos Lyonnaises. Le compte rendu de Stella raconte mieux que je ne le ferrais, le plaisirs de notre rencontre.

Je suis finalement resté à Lyon une journée de plus, ne repartant que le lundi en fin de matinée. Nano, tout le long de la course m’a vanté les beautés de cette ancienne capitale. Après une courte après-midi de repos, j’ai donc visité le vieux Lyon illuminé. Une merveille ! Les façades de la place des Terreaux, les fleurs de lumière, la place des Jacobins, la cathédrale Saint-Jean… Quelle chance elles ont nos Lyonnaises ! Et Lyon à bien de la chance également d’être habité par de si merveilleuses CAFeuses. Mais pourquoi « l’Urban-Trail » se déroule-t-il le jour du festival de Beaugency !

PS : Juju a réussi le temps remarquable de 9h24mn (en réel).

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    Re: SaintéLyon 2009: L'essentiel c'est d'avoir la SAINTÉ ! (Score obtenu : 1)
    par basilio (chevaleresque_75@hotmail.com) le Samedi 12 décembre 2009 @ 23:16:23
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    je reviens demain pour lire et déguster ce long récit


     
    Re: SaintéLyon 2009: Chose promise chose due (Score obtenu : 1)
    par basilio (chevaleresque_75@hotmail.com) le Dimanche 13 décembre 2009 @ 14:57:55
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    Bien que tout de même je n'ai pu m''empêcher de lire quelques chapitres de ton superbe récit hier, aujourd'hui donc je prends le temps de le déguster.J'ai failli faire cette saintélyon mais j'ai au final pour des raisons de contigences matérielles, j'étais hébergé à Lyon mais d'autres facteurs intervenaient, j'ai au final disais je préfèré l'intimité d'une course en bretagne avec Pompier22.Très difficile ces trails d'hiver, je ne peux comparer mais à ta lecture je comprends bien que le terrain fut varié et surtout qu'elle est intégralement courru de nuit, enfin presque puisqu'elle est très longue.J'espère que vous récupérez bien de tous ces efforts, car ton récit m'a plongé dans une course haletante , solidarité, convivialité et endurance étaient aussi au programme.Fidéle à ta réputation , tu as été le berger de ces dames mais j'espère qu'elles ne t'abandonnent pas trop vite après la course car il semblerait que tu ais visité Lyon tout seul.Je te dis à très bientôt grand coureur que tu es.


     
    Re: SaintéLyon 2009: L'essentiel c'est d'avoir la SAINTÉ ! (Score obtenu : 1)
    par nologo le Mercredi 16 décembre 2009 @ 01:44:42
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    Eric , je te retourne tout tes compliments 10 fois et comment ne pas ajouter que la lecture de ton récit montre comment tu es expérimenté avec toutes ces remarques d'importances même pour des coureurs qui ne sont pas novices!. Au plaisir de te relire et surtout de te revoir.Quel regret de ne pas être moi même une Cafeuse!!!!! Nologo


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