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Bretzel Ultra Triathlon 2024 - Un monde (ultra)magique

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Lorsqu’ils évoquaient l’édition 2023 du BUT, mes copains les doux dingues avaient l'œil qui brillait et un léger trémolo dans la voix… Il s'était créé quelque chose là-bas, qui m'évoquait beaucoup l'expérience d’Orta, cette immersion dans un événement un peu exceptionnel et la formation d’un groupe soudé de personnes apprenant à se connaître jour après jour en partageant kilomètres, sueur et émotions. C’était si bien vendu que je n’ai pas hésité longtemps à me lancer dans l'aventure, et boum, en décembre, j’étais inscrit.

Le Bretzel Ultra Triathlon, c'est une compétition sur une semaine proposant des triathlons format Ironman, à faire une, deux, trois ou cinq fois (c’est le quintuple). Petite précision qui amusera le lecteur (avant qu’il ne s’étouffe), les athlètes participants auront donc à enchaîner 19 km de natation en piscine, 900 km de vélo, et 210 km de course à pied… Cette année, ce sont les championnats du Monde de quintuple, autant dire que le plateau est relevé, et le gratin de l’Ultra Family est là, venu du monde entier. 

Au menu, on trouve aussi un ensemble de marathons, on peut en courir un, jusqu’à en enchaîner 5 sur la semaine, à raison d' un par jour. C'est pour ça que j'ai signé avec gourmandise et curiosité !

L'ensemble se déroule à Ingersheim près de Colmar (d’où le Bretzel !) autour du SRC Tennis de Colmar, en pleine campagne entre vignes et forêt de Waldeslust. Le challenge commence lundi matin à 7h pour les ultra-athlètes du Quintuple et le mardi matin à 10h pour les marathoniens. 

 

Le calendrier étant bien fait, le dimanche précédent c’était le marathon du Vignoble d'Alsace, mon 12ème MVA, incontournable balade gastro-vinique sur la route des vins pour se mettre dans l'ambiance régionale ! Ce fut un bon week-end entre amis incluant cette belle journée festive et ensoleillée au cours de laquelle je croisais quelques coureurs festaïres débutants très motivés pour se lancer sur la langue distance l’an prochain, je ne les ai pas découragés! Mon costume de Croc’s-magnon avait été une fois de plus en service pendant presque 6 heures, je ne savais pas encore qu’il ressortirait très rapidement !

 

Dès lundi après-midi, j’arrivai donc à la résidence dans laquelle j’ai réservé un studio proche du site de course pour la semaine, le long de la Fecht. Je rejoins le site à pied (4km) pour retirer mon dossard et je découvre le Bretzel village et ses multiples tentes, où tout se déroule. Les ultra triathlètes sont installés dans des tentes de 3m de côté le long de la portion route, qui abritent le matériel, de quoi se reposer, se soigner, se restaurer. Leur assistance, famille ou amis, est là, tout est prêt !

Les drapeaux de toutes nationalités sont accrochés aux toiles : Pologne, Canada, Argentine, Allemagne, Autriche, France…. et mettent de la couleur à ce village particulier. Il règne une ambiance de camping spécialisé “sport de haut niveau”, certains vélos sont des machines de science fiction, des engins spatiaux de 5-6 kg en carbone, profilés comme des navires de guerre… C’est très calme pour l'instant car ils sont tous en train de nager depuis ce matin.

 

La tente amiral avec son estrade et ses grandes tables accueille les athlètes et l'organisation, un écran géant donnera le suivi live jusqu’à dimanche prochain. Aux manettes, Laurent, le “BretzelMan” un de ces géants dont l’humilité cache le palmarès (dont par exemple une victoire en coupe du monde sur déca IronMan (38 km de natation, 1800 km à vélo et 422 km en course, si si les chiffres sont justes !) au Mexique en 2017, en moins de 9 jours. Bref, le monsieur sait de quoi il parle, le tout avec sourire, patience… et endurance, car il ne dormira pas beaucoup cette semaine !

 

Et mardi matin, une bande de copains se retrouve sous la fameuse tente amiral pour le briefing d’avant -course. Entre autres têtes habituelles, nous avons Vincent, Sophie et Tun, Marjorie, Claudine et Victor les toulousains, Franck la Tortue, Jojo que je croisais souvent avec sa perruque verte mais que je ne connaissais pas encore, Philippe “Tintin”, Valentino connu à Orta… et quelques autres fêlés, dont Alice, (plus que) digne représentante de la Meute, le club de la formidable Anaïs Quemener.

Vincent me proposera gentiment de me véhiculer entre la base vie et la zone de course, nous commencerons par un passage au supermarché local. Le soir, une bonne pasta party offerte par la Team Luxembourg me fera rentrer dans l’ambiance en joyeuse compagnie. Je suis prêt pour demain!



Le circuit

 

Après un petit faux départ de 200 mètres depuis la tente amiral,- façon Le Mans - car l‘attroupement de notre petit peloton attendant le bang du départ gênerait considérablement les cyclistes qui déboulent comme des balles, on pénètre sur le circuit et on arrive sur la ligne de départ / arrivée réelle où le chrono se déclenche à notre passage. 

La boucle est forme de b minuscule en italique. On tourne une fois à gauche puis tout le temps à droite.

On part vers l’Est par une petite ligne droite de 100m suivie d’un premier virage à 90° à droite. A gauche les vignes, à droite un petit bois, et on rentre dans l’ombre, un peu de paille recouvre le vieux bitume de cette toute petite route large de 3 mètres au plus. Au bout de 150m, un second virage nous fait pénétrer dans la forêt par un petit sentier en bitume décrépi légèrement montant, très irrégulier et couvert de gravillons, il faut bien regarder où on met les pieds. Quelques centaines de mètres plus loin, une épingle vers la droite nous ramène sur la route et on remonte alors vers la ligne d’arrivée pour aller chercher 200m plus loin le demi-tour tout en haut du circuit. On redescend alors vers la ligne de départ/arrivée et c’est reparti pour un tour. Cette dernière partie est toujours au soleil sur la moitié de sa longueur, c’est la plus animée car on longe les tentes des équipes des triathlètes. Le couloir réservé aux coureurs est matérialisé par des points de peinture orange fluo au sol.

Au programme, nous aurons donc 32 tours de cette boucle de 1,3 km, chaque matin pendant 5 jours, départ à 10 heures.

 

Le poste de ravitaillement est situé 10 mètres après le départ. C'est une grande table abritée par un parasol, tenue par de jeunes bénévoles sympathiques, certains de l'organisation, d’autres des SNU. Un frigo attenant permet de délivrer les boissons fraîches. On demande au passage ce qu’on voudra avoir au tour suivant, chacun ayant son gobelet numéroté. Au menu, on nous propose eau, plate ou gazeuse, coca, biscuits, morceaux de bananes, noisettes, abricots secs, bonbons, je leur apprendrai très vite ce qu'est un micocamio !

 

De petits panneaux d'encouragements sont disséminés sur le parcours dans la partie forêt, “DNF is not option”, “Ultra Family”, “ Welcome to Colmar in Alsace”, “Bretzel Team is with you”...

Au fil de la journée, les zones d’ombre passent au soleil et inversement, et globalement on est souvent à l’ombre.

Dans la partie remontante (la barre du b), partie commune des 2 circuits, on croise les ultra triathlètes dans leur parcours vélo de 900 km. C’est le long de la partie haute que les équipes des triathlètes ont installé leurs tentes.



Mardi, Jour 1

 

La journée commence comme tous les matins par le briefing du Chef, qui délivre quelques consignes de sécurité essentiellement pour assurer une bonne cohabitation avec les cyclistes.

Je suis parti tout doucement pour faire connaissance avec le parcours, et tester mon acclimatation à la chaleur. Notre peloton tourne gentiment , à part Tof et Alice, qui sont partis comme des avions et  nous prennent très vite des tours, ils finiront tous les 2 sous les 3h30.

La chaleur est de plus en plus marquée, et au bout d’à peine 7-8 tours, je m'arrêterai à chaque tour au ravito, en essayant de faire vite. Je partagerai de nombreux tours avec Sophie, avec Vincent, et comme à Orta on se croise tout le temps. Et comme à Orta on s’encourage ! Karl Alfred qui revient d'une série de 3 marathons en Italie n’est pas le dernier à prodiguer des encouragements, dans toutes les langues… 

Physiquement, à part le fait qu’on est étouffés par la chaleur, je n’ai pas de douleur particulière, et alors que ça me semblait impossible, les hernies sont quasi muettes aujourd'hui ! 

Le semi est passé en 2h27 la température monte, un petit vent parfois de face nous rafraîchit mais l’humidité remonte… Franck dans son costume de tortue doit se liquéfier à l'intérieur, Tintin a des soucis gastriques, Valentino est loin devant, derrière les fusées de tête, Sophie et Tun trottinent ensemble tout comme Claudine et Victor… Je m‘accroche.

Je marche maintenant quelques mètres après le ravito…. 

Les tours s'enchaînent, et puis arrive la fin de la course.

Il y a une tradition ici, venue du monde du triathlon m’a t-on dit, tout coureur fait son dernier tour en sens inverse en portant le drapeau de son pays, étant à chaque croisement félicité chaleureusement par les autres coureurs encore en course.

Il faut être un petit peu vigilant et garder un œil sur l'immense écran qui liste les passages des athlètes, et au signal de l'avant dernier tour terminé aller demander un drapeau à Bernhardt, le grand maître du micro qui commente l'événement depuis lundi.

Ainsi depuis plus d'une heure j’ai croisé nos vainqueurs et coureurs plus rapides descendre la “barre du b” pour rallier la finish line en sens opposé sous nos encouragements. 

La puce confirme enfin que c’est mon tour, ce qui me regonfle d’énergie. Je récupère un drapeau tricolore, relance un peu pour finir vite l’ultime tour, et je passerai fièrement la ligne d’arrivée, filmé au passage par le petit Emile, l’incroyable et adorable fiston de Vincent, omniprésent sur tout l'événement, photographe, bénévole ravito, ou prof de trottinette pour les nuls, en l'occurrence moi lorsqu’un soir j’aurai choisi de rentrer à la base vie sur cet engin étrange !  

5h06 ! C’est beaucoup trop rapide, mais depuis un certain temps en regardant ma montre je me suis mis en tête de faire ma marque ici aujourd’hui, et me suis mis un petit peu la pression… Je voulais une marque, et j'ai une marque ! Je me dis que demain, ce sera beaucoup plus raisonnable. J’ai eu tellement chaud aujourd’hui que j’ai des cristaux de sel sur le genoux et tout le long des tibias. C’est un bonheur que de laper tout ça, je manque de sel !! 

Le soir, un bon plat de pâtes luxembourgeoises (encore!) me remplira d'énergie pour demain.



Mercredi, Jour 2

 

Il fait aussi chaud qu’hier, le temps est vaguement brumeux, des orages sont annoncés vers 14h. Notre petit groupe se retrouve au départ pour partager cette deuxième étape. On commence à se souder un  peu plus, Vincent a créé un groupe Messenger où nous déposerons nos photos, et échangerons nos blagues… 

Mes quads en bois tiennent pas trop mal la route, je pars sur mon petit rythme, content de mon chrono d’hier…

Au km10, je double (incroyable exploit) celle qui finira première féminine et deuxième au scratch, Mareile Hertel, déjà deuxième en descendant de son vélo après une balade de 900 km. Je m’incline au passage. Quelques ultra tri nous ont déjà rejoints sur la boucle de course pendant qu'on encourage toujours les valeureux cyclistes. Certains ont une allure bien supérieure à la nôtre, de véritables machines. Parmi eux, bien sûr Kenneth Vanthuyne, le futur vainqueur , qui tourne comme une horloge ! Manu, (“IronManu”), que je ne connaissais que déguisé en tahitienne faisant le fou sur les marathons festifs, est en mode guerrier et tourne toujours sur son vélo à toute vitesse.

Au km 15, en sortant de la partie gravillonnée de la forêt, je cours tranquillement en papotant, on croise une dame qui tient un gros chien noir et blanc en laisse. Il tire fort et a l’air plutôt pataud .”Ne vous inquiétez pas, il est sociable” nous dit-elle en souriant. A peine a-t-elle fini sa phrase que le chien me plante ses crocs dans la cuisse à hauteur du bassin ! 

Grosse surprise et douleur en même temps, je lui crie ma colère, checke la cuisse, apparemment ce n'est pas percé, et on repart sur le circuit… je le signale au ravitaillement, et me fais désinfecter au passage suivant. Je m’en tirerai avec un bel hématome jaune-vert entourant deux marques de crocs (ce qui m’interdira mon prochain don de plasma prévu la semaine prochaine…) Les aléas de la course longue distance !

 

Le semi est passé en 2h40, ce qui me fait envisager un 5h40 au bout…

Les premiers grondements d’orage se font entendre quand mon chrono affiche 3h35 de course. Il n’y aura rien de plus si ce n’est une légère baisse de température car le ciel se couvre.

Km 36,6. Je loupe (ne me demandez pas comment j’ai fait) le petit virage en sortie de ravito, et boum, roulé boulé sur l’épaule gauche. Je me relève avec le genou gauche égratigné et un bleu au bassin à l’opposé de la morsure de début de course. Belle symétrie !! Heureusement je cours toujours avec des gants de cyclisme pour justement protéger mes paumes au cas où…

Je terminerai en 5h38, avec un positive split raisonnable, pas mécontent, et la petite bière à l'arrivée sera bien méritée !

Le soir marquera le début d’un rituel nettoyage à la bétadine pour tous les bobos !



Jeudi, Jour 3

 

Pendant qu'on dormait, Kenneth en a terminé en un peu plus de 68 heures 30, loupant le record du monde de 45 minutes… 

Alors que je me lève, (vers 6 heures) il reste à Mareile une quinzaine de km à parcourir, elle bouclera en moins de 74 heures, explosant le précédent record du monde féminin de 10 heures !… 

 

Le genou gauche tire un peu, la morsure a enflé un peu mais pas trop. En partant pour le circuit, il fait déjà chaud…

 

La journée sera effectivement très chaude et très humide, pire qu’hier.

Je prends un départ très prudent car tout de suite mon corps me rappelle qu’il me faut m’échauffer au niveau cardio-respiratoire sinon ça compresse un peu dans la poitrine. Une alternance marche-course sur le premier km, tout se régularise et la machine est lancée !

Le semi est passé en 2h45 avec des sensations correctes, je vise alors un sub-6 en marchant de temps en temps dans la partie sentier gravillonnée qui monte légèrement ou dans les passages au soleil. Une gestion de la lenteur donc.

Au ravito, ça s’améliore jour après jour, hier on a vu apparaître du saucisson (un pur bonheur de mâchouiller un petit morceau en repartant), du sel, un grand bac d’eau pour se tremper la tête…La nouveauté aujourd’hui c’était de la pastèque ! Nos petits bénévoles sont à l’écoute de nos doléances, 

Aujourd'hui Philippe le bagnard et Valérie sont venus tourner avec nous, Philippe courra demain aussi.

Les ultra athlètes sont de plus en plus nombreux maintenant sur notre boucle de course, et on peut échanger, papoter, ou plaisanter  à chaque fois qu'on se croise; Ainsi j'aurai de nombreux clins d'oeil avec les Français Cricri ou Côme, warriors luttant contre la douleur et la fatigue, ou encore Shanda la Canadienne, Jacky l’Espagnole, Xandi l'Allemande, toutes d’énormes championnes au palmarès long comme le bras, et toujours souriantes dans l’effort. Mais toutes et tous s’encouragent, c’est la grande famille de l'Ultra ! 

Entre le semi et le km 30, je rentre dans une phrase compliquée au niveau du moral, je gamberge, je ne suis pas bien… J’adopte alors une stratégie pour cette période : j’essaye d'oublier ce que j’ai déjà fait, et ce qu’il reste à faire, ainsi je ne regarde ni le kilométrage ni le nombre de tours, mais juste mon pace à chaque kil, et ça jusqu’aux 2 ou 3 derniers tours. Alors c’est la bonne surprise - un peu provoquée - , qui me permet de terminer correctement. 

Notre équipe tourne gentiment, Franck en Pikachu transpire des litres, Marjorie se fait son petit stop déjeuner avant de repartir pour une deuxième partie digestive, Jean-Marie trimballe son bras blessé façon Beckenbauer, Tun alterne course rapide et marche, lui qui est souvent sur le Camino, Vincent est dans sa bulle, les Toulousains aussi, Alice, Valentino et Eric ont déjà fini…Tintin lutte contre l’abandon, victime de désordres gastriques. Il ne peut rien avaler, même le soir et donc n’a pas de forces…

Sur les derniers tours, Sophie a pacé Eva la Suissesse, qui finira 3ème au scratch, battant elle aussi l’ancien record du monde, encore une énorme performance !

Sophie dont c'était l’anniversaire aujourd'hui, que l’on fêtera à l’arrivée avec une bonne coupe de crémant, j’adore l’ultra !

Tout le monde finira encore une fois, l’empreinte d’Alice sur notre équipe de coureurs s’affirme, elle est bien au-dessus du lot !

Quant à moi, aujourd'hui je finirai en 5h46.



Vendredi, Jour 4

 

Il a plu cette nuit, les orages se sont un peu déchargés, ça grondait un peu hier pendant la course. Physiquement ça ne va pas trop mal, les cuisses sont dures mais c’est normal. Le genou gauche commence à couiner un peu, je vais lui mettre un petit support pour démarrer la course.

On retrouve tous nos amis les ultra qui ont tourné toute la nuit, certains marchent, tous tordus par l’effort. On revoit quelques têtes, quand d’autres en ont fini. Le village s’éveille, Bernhardt fait l’éloge des athlètes, guettant la prochaine arrivée, une petite musique sort des hauts parleurs, ce calme ambiant me fait penser au film “Mash”…

Karl-Alfred a quitté le circuit, pour aller directement, courir 4 marathons en 4 jours en Autriche.

Je suis parti un peu plus vite qu'hier, il faisait un tout petit peu moins chaud mais la température est vite montée, l'humidité est terrible, mais le corps s’habitue et la gestion de course s'affine. Les orages annoncés n’étaient pas au rendez-vous, on n’a même pas entendu tonner aujourd’hui…

J’ai du passer au semi vers 2h40. Les ultras continuent leur lutte contre le temps et les uns après les autres en terminent, à chaque fois c'est un petit moment de fête lorsqu'on les croise, leur drapeau flottant fièrement au vent. Chaque fois que j’en croise un, je m'arrête et fais un petite ola pour le fêter. C’est un moment de joie (et ça me permet un petit stop habilement masqué) ! Ainsi je ferai la ola à Côme, humble et souriant, puis à Shanda pour leur arrivée en un peu plus de 100 heures !

Xandi et Jacky sont toujours en piste, elles aussi tout sourire. Xandi m’a expliqué qu’elle préparait un ultra encore plus monstrueux et qu’ici elle travaillait ses stratégies de course…On s’encourage… Jojo met de l’ambiance à chacun de ses passages dans la zone ‘arrivée avec sa chanson favorite connue de tout le village, le “Allumez le feu!” de Johnny… Le nez dans le bitume, je m'accroche aux pastilles oranges lors des passages au soleil entourant le demi-tour…

Tous les marathoniens en ont bavé aujourd'hui du fait de la chaleur et de la fatigue qui commence à s'accumuler.

A la fin de cette journée sans chute, ni morsure de chien, je finirai en 5h39, surpris et content alors que je visais à peu près le même chrono qu’ hier, et mériterai amplement la petite bière à la buvette à l’arrivée avec la bande.

Grenouille est arrivée cet après-midi pour courir demain avec nous et fêter le 100ème marathon de Claudine, mon ancienne amie de Toulouse. Ancienne, car le Stade Toulousain éparpillera ce soir l’Union Bordeaux-Bègles façon puzzle en finale du top 14!



Samedi, Jour 5

 

La météo n'évolue pas beaucoup, le ciel est bleu, 30-32°C sont annoncés, l'atmosphère est très très humide, ça va être une boucherie ! Comme c'est le dernier jour, certains ont décidé de se déguiser, Marjorie est toujours en coccinelle, Franck remet son spiderman, les Toulousains en marins, Tintin en … Tintin et Grenouille en grenouille. Ça tombe bien, dans mon sac j’ai toujours mes haillons de Cro-Magnon que je portais au MVA dimanche dernier. Bon, ils n’ont pas été lavés, mais ça fera l’affaire ! Une bonne surprise, c’est l'arrivée aussi de Cricri67 qui est venu m'accompagner dans cette dernière étape avec ses bâtons de marche nordique et son énergie habituelle.

J’ai encore eu la sensation d’une course maîtrisée aujourd’hui avec un chrono de 5h39 au bout, après un passage au semi en 2h41. L'ambiance est un peu particulière, ça sent la fin avec de moins en moins de monde sur le circuit, des tentes qui se démontent peu à peu, même l’arche Finish a été démontée elle aussi devant le risque d'orage particulièrement élevé aujourd’hui, alors que j'étais à 3 tours de l’arrivée.

Le dernier tour avec mon drapeau fut un moment de lévitation ! Les hernies m’auront laissé tranquille toute la semaine, c’est incroyable. Seuls mes genoux ont commencé à protester un peu sous la rotule.

 

Tout le monde a fini !

 

En fin d’après-midi aura lieu la cérémonie de clôture avec remise des diplômes et médailles, chaque finisher étant appelé en fonction de son classement final.

Les diplômes sont des banderoles de finisher du BUT ! Chez les filles, Alice l'emporte haut la main devant Sophie et Marjorie ; chez les garçons, victoire d’Eric devant Valentino et Gregory, mais c’est Alice la grande vainqueur au scratch !

Après la cérémonie, Claudine la néo-centenaire nous offrira un petit apéro bien gourmand, champagne et petites confiseries de Toulouse.

Et le soir, nous finirons en beauté par un banquet de fin d'aventure au restaurant du coin. Tout le monde repartira avec un peu de nostalgie au fond du cœur il faut bien le dire, car cette immersion d’une semaine est vraiment une expérience très spéciale, émotionnelle, une fenêtre vers un monde magique où chacun est en connexion avec l’autre en toute simplicité à travers l’effort, une fenêtre qui se referme hélas trop vite. 

 

Et dire que l’an prochain, le Bretzel Ultra Triathlon proposera pour la première fois un déca ultra (38 km  de natation,1800 km de vélo et 422 km de course) pour les grands malades, et un 10 marathons en 10 jours pour les coureurs raisonnables…

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Invité
jeudi 25 juillet 2024

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