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Nature MarathonMan 2023 - Un trail routier touristique

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Ce Nature MarathonMan était un report qu’Eric, le très sympathique organisateur avait bien voulu m’accorder, suite à ma blessure de fin 2022. D’autant plus sympathique que le dossard de Nono avait été offert étant donné que j'étais le premier inscrit de Gironde sur l'événement.

J’avais déjà  traîné mes runnings à Saint-Mathieu de Tréviers en 2014 pour le Festa Trail, un très bon souvenir malgré la difficulté que j'avais eu à terminer la course avec 2000 D+ dans la caillasse… J'avais fini complètement cuit et bon dernier du marathon sous les hourras de l'ensemble des bénévoles !

J’ai donc réservé un petit gîte à Saint-Jean de Cuculles, village tout proche de notre terrain de jeu. 

Il fait très froid au lever du jour,  les lueurs rouges de l’aube découvrent un paysage de champs givrés  … le thermomètre affiche -7°C… On s’habille en multicouches, gants, buff ou bonnet refont leur apparition, c’est la tenue hiver ! On va très vite perdre nos pieds, congelés dans les croc’s… et nous enfilons nos sacs poubelle avant d’aller rejoindre le grand gymnase au stade des champs noirs, où nous retrouvons quelques CLM, Tintin Runner, Pink, Graham, le grand Crocsman, et des figures connues du peloton comme Gaëtan le légionnaire romain…

 

Le départ du village est donné au village, on le rejoint par une marche de 900 mètres depuis le stade, au son des tambours rythmés d’une batucada, dans une ambiance qui rappelle la marche pré-course des 100 km de Millau. Le ciel est tout bleu (encore un coup de chance), le soleil commence tout doucement à réchauffer l’atmosphère… Il règne une belle ambiance malgré le froid, la batucada remonte le peloton et ouvre le flot des coureurs pour laisser passer des joëlettes.

 

Départ. On sort du village, le peloton s’étire gentiment, nous sommes 1700 ! Les premiers kilomètres sont assez plats, et la route bordée par les falaises de l’Hortus à droite et le pic Saint-Loup à gauche offre un panorama majestueux, premier échantillon du spectacle naturel qui nous sera offert tout le long, je vais d’ailleurs m'arrêter régulièrement pour prendre des photos… Km 3,5, c’est la première séparation des pelotons, les 10km nous quittent, et on poursuit par un très long faux plat montant. Au 1er poste de ravitaillement, on s’aperçoit tout de suite qu’il faudra prendre son temps pour avaler quelques goulées d’eau ou de coca tant les boissons sont froides !

Le sommet est enfin atteint au col de Fambetou au km 7, commence alors une descente en courbes, la route sinue offrant une vue plongeante sur toute la plaine en contrebas, avec des petits hameaux autour de l’église de Rouet. Photo, photo !

Au hasard des courbes sur la route, on passe de la lumière du soleil à l’ombre des pentes rocheuses ou des quelques ensembles forestiers; la différence de température (ou du ressenti) est impressionnante, à tel point que je recherche systématiquement le soleil dès que le choix se présente. 

Nouveau virage à droite au km 11 et le profil remonte. Un succession de courbes nous amène à un plateau où dans un dernier virage en épingle, c’est le peloton du semi qui se sépare de nous au bout de 14km.

 

Puis devant nous s’ouvre une looongue ligne droite qui ondule du km 17 au semi, la vue porte à des kilomètres. Gaëtan note qu'on va y passer 20 bonnes minutes. Le paysage alentour s‘est aplati, et la garrigue a remplacé les montagnes. Les arrêts vessie sont nombreux, le froid n'arrange pas la situation ! C'est là que mes longues lignes droites girondines portent leurs fruits, m‘ayant habitué à supporter la vue loin à l’horizon parfois sans être impressionné…,  Le semi est passé en 2h40.

 

Km 22-23, on attaque les derniers virages serrés bien raides. En levant le nez, on voit bien les jambes des rares coureurs devant nous là-haut après l'épingle… Nous sommes alors à peu près au plus haut point de la course, et le profil va maintenant être globalement descendant jusqu'au bout. Km 24, On retrouve les grandes parois rocheuses, avec une vue spectaculaire sur les falaises de Claret et la crête de Taillade qui sont encore un prétexte d'arrêt photo dont un petit selfie de groupe accoudé au parapet. Pour l’occasion, j’enlève enfin mon sac poubelle. Je le garderai roulé en boule dans le dos jusqu’au km 37 où je le jetterai après avoir enfin décidé que je ne risquais plus de coup de froid.

Km 26, c’est un premier ravito gourmand qui nous est offert au village des Embruscales, enfin du festif ! Pâtés, jambons, chips, cubi de vin rouge local sont l'occasion d’échanger joyeusement avec les bénévoles habillés aux couleurs de Noël …

Km 29, autre village et surprise, on débouche soudain sur un gros mur heureusement très court, et tout en haut une gentille dame nous motive par une sono puissante (“mets ta cagoule!”), je remonte mon buff sur le nez pour lui répondre… Dans la montée une succession de petits panneaux a été placée là pour faire sourire les bagnards : 

“Vas-y Papa”

“Papa, plus vite on a faim”

“Maman a fait des brocolis” 

Adorables mots d'enfants qui adoucissent notre ascension.

Petit à petit, la fatigue s’installe, je n’ai plus beaucoup de jus dans les chaussettes, mais le moral est au beau fixe. Dans les descentes, les pieds tapent, et à droite ça fait mal… j’essaye de soigner la foulée pour l'alléger.

 

On traverse la campagne, des ranchs sans doute, par des chemins, d’anciennes routes départementales, souvent bordées de clôtures électriques, ça sent le purin… on est bien ! Un nouveau petit village, je prends à gauche, et aperçois heureusement tout de suite les 2 croix oranges peintes sur le sol. Demi-tour, il fallait partir à droite! 

On longe aussi des vignes sur fond d’Hortus. Et dire que j'étais en haut il y a 10 ans…Je marche dans les montées les plus marquées.

 

Km 37. Deuxième ravito gourmand avant de poursuivre sur du sentier rocailleux. Je jette mon sac poubelle après le dernier petit verre de vin rouge.

Les 4 derniers km sont  signalés par des panneaux décroissants, “plus que 4”, “plus que 3”, etc… Le stade approche, le décor s'urbanise, “Arrivée 1000 m” on reprend en descendant le parcours que l'on a parcouru en marchant ce matin pour rejoindre le départ.

 

200m . Nono m’attend pour prendre des photos de ma glorieuse arrivée et m'accompagner jusqu’à l’arche qui borde le stade de foot. Il m'a mis une demi-heure !

5h21! Le sub-5h20 que j'avais brièvement entrevu il y a 5 km s'est fissuré peu à peu pour être entrainé dans le néant de ma volonté défaillante... Petite médaille, grande bière, fières photos entre finishers, bonne douche tiède, quelques mots avec Eric avec qui j'avais eu de bons échanges par mail… Et déjà on reprend la route vers Montpellier. 

Cette deuxième incursion en région Saint-Loup aura été aussi belle que la première… et marquera un nouveau record pour moi, avec ce 24ème marathon bouclé en une année. Ça y est, j’ai une nouvelle marque en tête, le chiffre 200 se profile…

 

“Chat noir blues”

Je n'imaginais pas avoir à assumer un autre marathon aussi vite… Avec un train de retour tombé en panne au départ de Marseille, en gare on nous annoncera 30, puis 60, puis 90 etc… minutes de retard. Je suis fatigué, j’ai froid… Lorsque la dernière annonce prédit une arrivée à Bordeaux à 2h30 du matin au lieu de 23h45, j’ai lâché l'affaire, tout annulé, pris une chambre d'hôtel et un train tôt lundi matin…. 

Lui sera à l’heure. Incroyable, non?

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Commentaires 1

El Palmero le mercredi 13 décembre 2023 08:28

"Petite médaille, grande bière" what else

"Petite médaille, grande bière" what else ;)
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Invité
lundi 22 avril 2024

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