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Marathon de Tokyo 2024 : La 6ème étoile de Pink Runner

PT2024

 


Fait de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité …

Jamais cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry n’aura été aussi proche de moi aujourd’hui !

11 ans que j’attendais d’ajouter ma 6éme étoile après Londres en 2013, c’est dire qu’il aura fallu beaucoup de patience au point de ne plus y croire jusqu’à ce que Fran et les AsicsFrontrunners fasse que  cette quête du Graal absolu de tous les Marathoniens devienne enfin accessible.

Tout avait pourtant bien commencé : New York en 2007 (puis une deuxième fois en 2016, d’où mon bonnet fétiche !), Berlin en 2010 (ça aurait dû être Boston mais un volcan Islandais malfaisant nous a cloué au sol et fait reporter l’échéance un an plus tard !), Boston donc en 2011, Chicago en 2012et Londres en 2013, une semaine après les attentats de Boston. A cette occasion, la minute de silence observée à Greenwich a été si respectée et respectueuse que j’en frissonne encore !

Il aura fallu un mail de Fran me disant de rester assis en lisant ce message car non seulement je partais  pour Tokyo, non pas pour une mais deux médailles dont la plus belle de toutes !

Pour vous donner une idée de la chance que j’ai eu, il faut savoir que nous n’avons été que 4 élus sur plus de 600 AsicsFrontrunners dans le Monde et j’étais le seul invité à pouvoir finir les World Majors Marathons (les 2 autres ayant financé leur dossard !)

A peine absorbée cette joie immense, venait le temps des doutes : et si je me blessais, et si je n’y arrivais pas, et si une catastrophe, un tremblement de terre ou je ne sais quoi encore !

Il a fallu vivre avec ces pensées jusqu’à la dernière minute avant la course et même jusqu’à la ligne d’arrivée.

Ma préparation (si on peut appeler ça une préparation, vu que je ne l’ai pas trop suivie correctement !) a été concoctée par Coach William qui m’avait si bien aidé l’année dernière à Paris pour mes 3h29.

Pour me rapprocher un peu plus de ma chérie, on avait décidé que je vienne à Bali dès le 18 Janvier et d’y rester jusqu’au 15 Mars. Ce n’est pas la meilleure période pour courir ici loin de là car les températures en ressenti sont souvent au-delà des 40 degrés et l’humidité entre 85 et 90% mais comme ça m’avait bien réussi l’an dernier, j’ai renouvelé l’expérience. Ca fait comme un entraînement en altitude et quand on revient à des températures plus « normales » c’est tout de suite que l’on en voit les effets.

J’en ai bavé, mais je me suis accroché et quand j’étais un peu fainéant Cécilia a su me botter le c.. pour y aller.

Mélanie et Camille (AsicsFrontRunner) m’ont donné de très bons conseils d’Osthéo en complément d’un Français expatrié à Bali quand le bonhomme était bien bloqué.

C’est donc après 1 mois et demi et à peine 500km dans les jambes que nous décollons vers la Capitale du Pays du Soleil Levant.

8h de vol après, nous arrivons de nuit et rien sur place, ne laisse encore imaginer qu’il y a un Marathon de prévu le dimanche alors que le départ est donné juste devant notre hôtel.

Tout est propre, bien rangé, et la chambre un tantinet réduite mais très agréable.

Nous partons de suite dans les rues illuminées aux alentours, histoire d’être tout de suite dans le bain et dans la culture (gastronomique notamment)

Nous avons prévu pas mal de tourisme sachant que notre séjour était limité à 5 jours.

DAY 1 : 1er run et découvertes

Un petit run s’impose déjà car William avait prévu 45’, c’est l’occasion de découvrir le Parc de ShinjikuGyoen National Garden et ses arbres en fleurs où la foule se presse pour faire des photos

8Km plus tard et quelques tours de l’immense parc, le premier contact running est pris et les sensations sont plutôt bonnes. Il faut dire qu’avec 9 degrés c’est quand même plus facile et plus sympa qu’à plus de 30 sauf pour Cécilia qui a enfilé sa tenue grand froid!

Une première visite au store Asics pour changer mes MétaspeedSky, les anciennes ayant déjà plus de 900Km !

Balade en ville pour rentrer et terminer la journée à la Tour Minato Shibakoen (version locale de la Tour Eiffel)

DAY 2 : L’incontournable Mont Fuji encore bien enneigé.

Un voyage en train tellement beau et propre qu’on le croirais sorti de l’usine.

Un vrai voyage initiatique avec vue magnifique sur le Mont depuis le Temple de Yamanashi qui se mérite seulement après avoir gravi plus d’une centaine de hautes marches. Une bonne occasion de faire travailler les cuissots.

Retour à Tokyo pour finir la journée autour d’un excellent repas bien arrosé. L’hydratation c’est très important non ?

DAY 3 : Marathon Expo

Il nous faut plus d’une heure en taxi  pour aller à l’autre bout de la ville pour retirer notre dossard.

Ici comme partout, tout est réglé comme du papier à musique avec d’innombrables bénévoles au petits soin avec nous. 2 entrées dont une exclusivement pour les coureurs qui peuvent ensuite rejoindre les autres à l’entrée du salon.

Ce n’est pas plus grand qu’à Paris à ma grande surprise. Quelques animations sympas et les traditionnelles zones d’encouragement. Passage sur le stand COROS pour acheter la PACE 3 offerte par Cécilia.

J’ai su résisté à la MétaSpeedSky Paris, faut dire qu’il y avait plus de 45’ d’attente pour la voir et que je n’étais pas pressé non plus avec mes achats de la veille.

Concernant les goodies ou les vêtements floqués TOKYO Marathon 2024, tout était déjà parti ou presque en 15’ à l’ouverture la veille. De la folie pure !

Retour à l’hôtel et passage à celui d’Asics Tokyo pour une très joli dotation dont le coupe vent Marathon devenu introuvable ailleurs.

DAY 4 : Friends run et derniers préparatifs.

Ce sont pas moins de 300 coureurs de toutes nationalités qui se retrouvent pour ce run très convivial en pleine ville organisé par les Runcrew Tokyotes

L’occasion de retrouver des amis comme les autres AsicsFrontrunners.

Une ambiance vraiment très sympa qui nous prépare encore un peu plus pour le lendemain. Repas à l’hôtel Asics.

L’après midi, ou plutôt se qu’il en reste sera oisif et le diner plutôt simple et rapide pour tous les deux.

Les affaires sont prêtes, il faut juste essayer de dormir un peu et après Yapluka !

DAY 5 : Marathon enfin !

Il fait froid (0 degré + le vent), Luke, notre ami Tokyote est venu nous rejoindre très tôt pour nous accompagner sur la ligne de départ.

Comme toujours, j’ai eu du mal à déjeuner d’autant plus que je ne bois jamais le matin et très peu la veille, histoire de ne pas m’arrêter en route (et oui la prostate du pépére !) Les ravitos sont suffisants et je n’en loupe aucun, ce qui compense jusqu’à présent.

Encore une fois tout est millimétré. Là où il n’y avait presque rien la veille au soir, c’est une véritable ruche qui a tout organisé pendant la nuit et qui vous accueille et vous guide du début à la fin juqu’à votre SAS de départ.

Un dernier bisou, et c’est l’entrée dans l’arène

Les bénévoles vous chouchoute, vous dorlote même. C’est tout simplement pour cela que Tokyo est un World Major et que Paris ne le sera sans doute jamais même s’ils ont beaucoup progressé.

Ce qui fait la différence c’est qu’ici tout est fait pour vous donner la sensation que vous être unique et que vous être la personne la plus importante aujourd’hui.

45’ d’attente dans le SAS, il fit toujours froid quand j’enlève mon poncho acheté la veille, mais ça va j’apprécie le moment puis c’est enfin le départ, la délivrance !

Je n’ai pas de chrono en tête, l’essentiel est ailleurs. Juste finir avant tout même si un temps entre 3h45 et moins de 4h m’irait très bien.

Les premiers km sont légèrement en descente, mais les rues sont relativement étroites et il faut constamment slalomer entres les coureurs qui changent sans cesse de direction (le pire sera aux ravitos !)

Je trouve rapidement mon rythme sur les bases de 5’20/5’30, je me dis alors que tout serait parfait si je maintenais  cette allure jusqu’au bout.

La grosse alerte se situe aux environs du 7éme km avec une contracture qui s’installe insidueusement dans mon mollet gauche.

Est-ce les nouvelles chaussures que j’ai pourtant testé en marchant avec pendant 2 jours et couru une vingtaine de bornes, le fait de ne pas avoir bu, ou tout simplement le froid avec ce vent qui m’empêche de me réchauffer correctement ?

L’inquiétude me gagne et j’essaye plusieurs positions de pied pour tester.

Je cours plus à plat pour étirer le mollet, et je laisse mes pensées s’échapper vers le magnifique spectacle que je suis en train de vivre.

Les km s’enchaînent malgré tout et même s’il y a beaucoup de monde, l’ambiance est plutôt policée.

Le Semi est avalé en un peu plus de 1h53, tout à fait dans mes temps espérés, mais je reste constamment aux aguets.

Ma technique doit être la bonne puisque la gêne reste stable, même si je n’ose pas accélerer.

Le parcours n’est pas plat avec pas mal de longues montées et descentes, un peu comme celles du bord de Seine.

Beaucoup de groupes traditionnels, un monde fou mais j’arrive quand même à voir ma chérie au 25éme km alors que je pensais que ça serait impossible (Merci Luke !)

Je double depuis le début, ce qui est un bon booster !

30/35/40 tout va bien, c’est déjà fini ou presque, je laisse ma peur de côté enfin !

J’aperçois encore Cécilia dans le dernier km avec un visage qui n dit long sur la fierté de ce que nous venons d’accomplir ensemble. C’est mon rêve ultime et j’ai la chance de le partager avec elle.

La ligne d’arrivée est franchie en 3h48’03, j’ai envie de crier et de pleurer de joie mais je n’y arrive pas !

C’est une émotion immense qui m’envahi et m’empêche de me libérer enfin.

Je récupère la médaille du Marathon de Tokyo livrée avec le sourire des nombreux bénévoles aussi heureux que vous de partager ces moments, puis je me dirige vers celle que j’attends depuis si longtemps !

Séance photo avec la lourde breloque qui m’a tant fait rêver, nous serons 2600 dans le monde à vivre de moment unique et rare à Tokyo !

Récupération de la magnifique tenue finisher avant d’aller embrasser ma chérie et étreindre mes amis venus me soutenir.

Il est temps d’aller fêter ça dans un des nombreux restaurants locaux pour partager tout ça ensemble !

Le retour est long et difficile sur tout à cause des escaliers mais la douleur est la récompense aussi.

Une petite douche, une petite sieste et c’est déjà l’heure de rejoindre la soirée de clôture organisée par Asics.

Une vraie célébration dans la plus pure des traditions avec remise d’un kimono et d’un souvenir spéciaux pour les seuls finishers des 6 World Majors Marathons en présence du PDG d’Asics himself !

Tellement de Mercis à donner que la liste serait aussi longue que cette article mais je ne peux pas oublier les plus importants ici :

Ma chérie Cécilia tout d’abord, pour son soutien sans failles, son organisation ici à tokyo pour être dans les meilleures conditions possibles et enfin pour sa patience dans les moments difficiles,

Fran, bien évidemment sans qui rien n’aurait été possible et qui a réalisé l’impossible pour me permettre d’avoir ce dossard et ces souvenirs extraordinaires,

Mes amis Luke et Lakkanah pour leur soutien avant, pendant et après la course,

AsicsFrontRunner pour tous ces rêves que vous me permettez de vivre avec vous,

Stéphanie et Thibaut, mes enfants, mes amis depuis toujours…

… Vivez votre vie comme un rêve éveillé…

JORDAN RUNNING ADVENTURE RACE 2022
 

Commentaires

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Invité
mardi 28 mai 2024

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